Blog orthodoxe de l'Annonciation

11 juin 2019

Rencontre des Eglises de la CEOO

 

Du vendredi 30 mai au dimanche 3 juin 2019, les 3 Eglises de la Communion des Eglises Orthodoxes d'expression Occidentale se sont retrouvées dans le cadre verdoyant du Monastère Saint Michel du Var. Le thème de cette année était "la Communauté ecclésiale : lieu de foi, de conversion et de témoignage". Trois interventions étaient prévues pour amorcer le travail en groupes du samedi après-midi. Monseigneur Grégoire m'a demandé d'intervenir pour notre Eglise. Je vous livre ci-après mon petit laïus.

 

Préambule

Ce qui manque cruellement aujourd’hui à nos contemporains, mais aussi bien souvent à nous-mêmes, c’est le sens de l’ecclésiologie. Comme chrétien, quelle place donnons-nous à l’Eglise ? Quelle idée avons-nous de la communauté ecclésiale à laquelle nous appartenons ? Comment développer un véritable sens d’appartenance à la communauté paroissiale où nous célébrons l’Eucharistie ? Voilà les questions fondamentales auxquelles nous devons réfléchir si nous voulons être des témoins vivants de notre foi orthodoxe.

Première partie

Par essence, l’Eglise Orthodoxe a toujours été eucharistique. Pour être plus précis, l’Eglise a pour point de référence eucharistique l’autel de chaque communauté ecclésiale, de chaque paroisse locale. L’Eglise n’est donc pas le résultat d’une somme d’individus (même si beaucoup ne sont préoccupés que sur le combien vous êtes), mais une Unité entre ceux qui sont nourris de l’unique parole de Dieu et de l’unique Pain de Vie.

Au centre de la vie de la communauté ecclésiale locale, donc la paroisse, il y a l’Eucharistie. Peu importe le lieu où elle est célébrée. C’est la communauté réunie qui fait l’Eglise. La communauté ecclésiale est donc le lieu de la célébration eucharistique et des sacrements. De même, elle est le lieu de la proclamation de la Parole de Dieu qui est aussi Pain de Vie, Pain du silence intérieur. Parole et Eucharistie sont le fondement de la communauté ecclésiale. Elles permettent d’entrer en communion avec le Christ et de s’unir à son Corps Mystique qu’est l’Eglise, mais aussi d’entrer en communion avec les frères et les sœurs invités eux-aussi au banquet céleste.

Une autre dimension importante de la communauté ecclésiale locale est la rectitude de la foi que nous professons ensemble. Tous les membres du Corps Mystique du christ doivent absolument partager la plénitude de la foi orthodoxe léguée par les Apôtres et leurs successeurs. Sans cet héritage commun, ce précieux trésor que nous devons conserver et transmettre sans l’appauvrir ni le ternir, la communion eucharistique restera seulement une idée plaisante vécue intellectuellement. Cette première vertu essentielle qu’est la Foi doit être complétée par l’Espérance et la Charité. Ces vertus théologales forment une triade indissociable qui permet au chrétien d’acquérir la sagesse nécessaire pour une vie en christ en pleine communion. En effet, la Foi permet de croire en Dieu, l’Espérance permet de désirer avec confiance ce qu’a promis Jésus-Christ et la Charité permet d’aimer Dieu et d’aimer son prochain. Ces trois vertus sont données par le Saint-Esprit et participent pleinement à la vie ecclésiale des chrétiens dans leur témoignage de communion. Sans elles, l’Unité dans la diversité ne peut pas avoir lieu.

Autrement dit, pour évaluer la qualité de notre vie communautaire ecclésiale, il faut appliquer le principe énoncé par saint Irénée de Lyon, au 2ème siècle : « notre façon de penser s’accorde avec l’Eucharistie et l’Eucharistie en retour confirme notre façon de penser. »

Enfin, ce qui lait à Dieu dans la communion ecclésiale, c’est de voir des hommes et des femmes réunis, se pardonnant mutuellement. Encore une piste à envisager pour témoigner notre foi. Car pardonner et recevoir le pardon, c’est permettre à l’unité, toujours si fragile dans une communauté, de se refaire.

L’Eucharistie nourrit chacun, mais elle nourrit tout spécialement le Corps qu’est l’Eglise et lui donne une unité. On comprend pourquoi ce sacrement a mérité le nom de Communion. Nous devenons ce que nous recevons. L’Eglise est le grand miracle de l’Eucharistie.

Pour finir cette première partie, relisons ce que saint Augustin disait aux nouveaux chrétiens pour leur faire comprendre qu’ils sont eux le Corps du Christ : « c’est votre mystère à vous qui est posé sur la table du Seigneur. C’est votre mystère que vous recevez. C’est à l’affirmation de ce que vous êtes que vous répondez : Amen. Et votre réponse est comme votre signature. »

  

Deuxième partie

Aujourd’hui, les gens sont occupés à tuer Dieu. C’est une occupation à plein temps. Et nous, comme chrétiens, nous devons témoigner d’un Dieu bien vivant. Comment s’y prendre pour continuer l’œuvre des Apôtres ? Comment s’enraciner dans la terre fertile de nos communautés ecclésiales pour porter du fruit et pour donner au monde l’envie de venir goûter à ce fruit et ainsi d’en découvrir le Créateur ?

Trois grâces sont à cultiver dans le jardin secret de notre cœur : la Foi, l’Espérance et la Charité. On les appelle les vertus théologales. Sans ces vertus chrétiennes de la croissance spirituelle, il n’y a pas de  témoignage fécond possible. Aussi, appliquons ce que nous a enseigné le Seigneur Jésus : « Demandez et vous recevrez ». Plus qu’ailleurs, c’est dans la communauté ecclésiale que nous devons cultiver ces vertus. C’est dans la communion au Corps du christ qu’elles peuvent croitre et se fortifier. Et c’est la rosée de la prière qui va les animer et les rendre actives dans notre vie. Nous pourrons ainsi témoigner de la Vie éternelle qui nous nourrit et nous donne une joie et une paix que rien ne peut anéantir.

Pour témoigner, il faut d’abord chercher à être en Vérité et devenir Un en communion avec le Christ. Mais pour être un témoin, il faut avoir quelque chose à témoigner. Et cette expérience transmissible doit être vécue au sein de la communauté ecclésiale, lieu de la Présence véritable du Christ. Car c’est seulement par Lui, avec Lui et en Lui que la grâce pentecostale vient remplir notre cœur de sa Présence. Et le trop plein de cette Présence s’écoulera en témoignage de ce que nous sommes, de ce que nous vivons, de ce que nous expérimentons. Et cet ancrage dans la Présence est nécessaire, car témoigner nous expose, nous fragilise et peut même nous porter préjudice.

C’est pourquoi, le Seigneur Jésus nous a donné l’Eglise. Car c’est au sein de la communauté ecclésiale que nous trouverons le soutien, la force et le courage de témoigner de notre foi orthodoxe. Mais il ne faut pas oublier un point important, c’est la fidélité. Si nous sommes fidèles à notre Foi, fidèles à notre Tradition ecclésiale, fidèles au Corps Mystique du Christ qu’est l’Eglise, fidèles au Seigneur, malgré les appels du monde, alors nous témoignerons à notre manière, par petites touches, sans ostentation, mais véritablement. Alors cultivons l’esprit de fidélité et nous deviendrons des témoins du christ et de notre Foi dans notre vie. Pour un vrai témoignage, appuyons-nous sur la triade gagnante : Foi – Fidélité –Fiabilité.

Que l’esprit de pentecôte souffle sur nos Eglises, sur nos communautés ecclésiales et sur chacun de leurs membres ! Par Lui, avec Lui et en Lui, nous saurons témoigner sans nous soucier du comment. Soyons simplement reliés et guidés.

En conclusion, je terminerai ce propos en disant que c’est le sens de la communauté ecclésiale qu’il nous faut retrouver et ensuite cultiver, pour offrir un témoignage vivant de notre foi orthodoxe.

+ Père Stéphane

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05 mai 2019

Mort et Éternité : quelle réalité ?

 

Nous qui venons de chanter et qui chantons encore "Christ est ressuscité !", quel sens profond donnons-nous à ces paroles ? En fait, les questions fondamentales que nous devons nous poser tout au long de notre existence terrestre sont : que se passe-t-il quand nous fermons définitivement les yeux sur ce monde ? Quelle est notre espérance en un au-delà bien mystérieux ? Quelle est notre foi concernant la Vie éternelle ? Puisse le chemin lumineux entre Pâques et Pentecôte nous offrir des éléments de réponses et nous faire entrevoir des réalités que notre société scientifique et rationnaliste ignore et refuse totalement et nous pousse à faire de même.

Pourtant, si notre Seigneur est mort et ressuscité, c'est bien la preuve que notre vie terrestre continue bien au-delà de la mort. Les défunts eux-même nous envoient des signes permis par notre Dieu pour que l'humanité sorte de son ignorance mortifère. A nous de savoir écouter, regarder et saisir ces opportunités qui, si elles étaient clairement expliquées, pourraient changer radicalement l'existence de nos semblables. Combien de gens sont torturés de leur vivant en étant persuadés que la mort sera un anéantissement total de leur être et qu'après n'existe seulement qu'un néant si profond qu'il leur fait peur ! Et pourtant, le Christ est ressuscité et nous le serons aussi, et nous le sommes déjà maintenant si nous entrons dans cette dimension de la vie. Alors, pour nous la mort terrestre n'est qu'une simple étape qu'il faut accepter et accueillir dans la foi et l'espérance. C'est un passage guère plus difficile que celui que nous avons passé pour entrer dans cette vie terrestre. Ce qu'il faut craindre et redouter, c'est la souffrance, la déchéance et la maladie qui accompagnent souvent cette mort. Ensuite, faisons confiance au Seigneur Jésus et laissons-nous glisser dans la lumière.

Si nous étions des êtres lumineux et sensibles, nous pourrions aisément communiquer avec les défunts et recevoir leurs messages. Ce serait aussi normal que le fait d'entrer en relation téléphonique ou visuelle. Mais nous sommes tellement opaques et peu réceptifs que seuls certains d'entre nous ont ce "pouvoir" qui peut faire peur ou inquièter. Mais il n'y a rien ici de surnaturel. Entre nous et nos défunts, le dialogue n'est pas rompu. Simplement, nous ne savons pas trouver les bons moyens pour continuer la communication, c'est tout. Dieu permet parfois que des messages soient reçus pour témoigner au monde que la vie est bien une réalité éternelle et qu'il ne faut ni avoir peur de la mort quand elle doit venir, ni désespérer de tout perdre et d'être englouti par le néant. Vivants nous sommes ici-bàs et bien vivants nous restons après la mort, même si notre apparence et notre mode de vie changent.

L'espérance chrétienne en la vie éternelle n'est pas un vain mot ou une fausse promesse. C'est une réalité révélée par le Seigneur Jésus-Christ que nous devons accepter et intégrer dans notre compréhension de la vie pendant notre passage sur la terre. Plusieurs de nos questions resteront sans réponse ? Et alors, est-il vraiment important de tout connaître pour profiter des choses et en apprécier leur valeur ? Non, certe point ! Si notre coeur sait accueillir le Vivant sans préjugé et sans a priori, la lumière percera notre opacité interne et nous trouverons la paix et la sérénité. La vraie question qu'il faut se poser alors n'est plus celle concernant l'après mort, mais comment vais-je mourir ? Dans quel état d'esprit serai-je au moment de quitter ce monde ? Car c'est bien cet état qui durera après le passage et qui déterminera la manière dont je vivrai l'éternité.

Durant ce temps lumineux entre Pâques et Pentecôte, je vous invite à méditer sur votre mort, sur votre éternité et sur la manière dont vous souhaitez vivre ce passage qui de toute façon ne vous sera pas épargné et dont vous serez l'unique acteur.

Oui, le Christ est ressucité des morts, lui le Vivant, aux siècles des siècles ! Qu'il vous accompagne et vous bénisse !

+ Père Stéphane

 

 

 

 

 

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23 mars 2019

Recréer la communauté ecclésiale

 

Nous vivons des temps troublés par les affaires pédophiles et sexuelles de l'Eglise catholique romaine, mais aussi par une déviance profonde de la vie spirituelle qui conduit de nombreux chrétiens à emprunter des chemins de traverse pour répondre à leur soif. Tout ceci démontre une profonde méconnaissance de la notion de communauté ecclésiale et une forte individualisation de la foi qui conduit les fidèles à se détourner de l'Evangile pour lui préférer le chant mélodieux des sirènes.

Les communautés chrétiennes se réduisent de plus en plus et deviennent des ilots de résistance dans un monde profondément hostile à tout ce qui s'apparente à l'Eglise et à ses structures. Mais pourtant, on ne peut pas dissocier le message du Christ avec son milieu naturel de vie qui est l'Eglise avec les grâces qu'elles offre aux fidèles. Tout ce qui est utile et nécessaire se trouve dans les Evangiles. Le reste n'est que perturbation pour l'âme et tromperie pour l'esprit. Vouloir chercher le Christ ailleurs que dans l'Evangile est un non sens total. Tous les prétendus messages divins reçus par quelques privilègiés ne concernent qu'eux-même et ne doivent pas être considérés comme une authentique Parole de Dieu. Surtout quand ils vont à l'encontre de l'Evangile ou quand ils détournent de l'Eglise.

Que la chose soit bien entendue : l'Eglise est une communauté voulue et habitée par le Christ. Elle bénéficie des gràces du Saint Esprit qui la guide et la protège. Cependant, cette institution est constituée d'hommes et de femmes avec leurs imperfections et leur propre déviance. Mais il ne faut pas tout rejeter sous prétexte que l'Eglise n'est pas parfaite. Je rappellerai que seul Dieu est parfait, que seul Dieu est saint et que l'humanité en Eglise est en chemin de perfection. En son sein, on trouve des êtres lumineux proches de la sanctification céleste, mais aussi des êtres viles qui profitent du système et de la faiblesse humaine. Attention, l'Eglise n'est pas en dehors du monde. Elle fait partie du monde, de notre monde actuel, et nous en faisons tous partie. En son sein, nous trouvons les mêmes représentations de l'Humanité qu'à l'extérieur. La seule différence, c'est son statut divino-humain. Nous avons eu tort de lui donner une dimension de puissance temporelle qui n'était nullement dans la conception du Christ. De même, le prêtre est devenu une espèce d'idole parée de toutes les vertus qui a faussé les relations humaines et a déresponsabilisé les fidèles de leur rôle essentiel dans la vie de l'Eglise et notamment au cours de la liturgie. 

Nous devons revenir à une conception évangélique et orthodoxe de l'Eglise pour que nos contemporains soient de nouveau attirés par son aura, par la saveur incomparable de son message et par la richesse de ses sacrements. Tout ce dont nous avons besoin pour réaliser notre dimension spirituelle se trouve dans la communauté ecclésiale. Mais, il y a fort à faire pour donner une autre image de ce qu'elle est et pour enlever tout ce qui est venu obscurcir son éclat au fil des siècles. Heureusement, nous avons la chance de vivre une époque de liberté religieuse qui permet toutes les audaces de renouveau. C'est seulement à ce prix et avec des efforts conjoints que nous, les administrateurs de l'Eglise Une et multiple, nous pourrons accomplir en vérité la mission qui nous a été confiée par le Seigneur Jésus. 

Oui, la communauté ecclésiale doit redevenir le centre de la vie spirituelle au plan local et chacun doit pouvoir y trouver sa place et sa nourriture essentielle. Le prêtre doit redevenir ce père attententionné qui accompagne ses enfants sur leur propre chemin de vie, en toute liberté, en leur prodigant des conseils et la nourriture nécessaires pour arriver à leur plein accomplissement personnel. C'est pour cela que le Seigneur Jésus est venu instaurer l'Eglise.

Sur notre chemin de Carême, sachons retrouver le goût de la Parole essentielle et revenons à la Source de Vie qui est le Christ en son Eglise, et uniquement le Christ-Jésus, Fils de Dieu et fils de l'Homme.

+ Père Stéphane 

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10 mars 2019

Chemins de Carême

 

En ce premier dimanche de Carême où Jésus est tenté par le diable dans le désert de nos vies humaines, nous voici entrés en vigilance durant cette quarantaine pendant laquelle les ténèbres vont alterner avec la lumière. Dès maintenant, il va nous falloir veiller sur notre âme, éveiller notre esprit et jeûner aux nourritures terrestres pour raviver notre appétit pour les nourritures spirituelles.

Le Pain de Vie qui doit nous sustanter pendant ce chemin de vigilance c'est la Parole de Dieu contenue dans la Bible. Prenons du temps chaque jour pour lire et relire les Evangiles, cette "heureuse nouvelle" qui saura nous donner une nourriture abondante et salutaire. Jésus doit devenir notre unique compagnon de route et nous devons comme Marie, la soeur de Marthe, nous arrêter pour nous mettre à son écoute attentive. Méditer la parole évangélique est une nécessité pour tout chrétien en marche vers le Royaume. Cette Parole est bien vivante et le Seigneur s'adresse à chacun de nous à travers elle. Pour en mieux goûter la saveur, il est conseillé de lire le texte à voix haute. Une traduction comme celle proposée par Soeur Jeanne d'Arc permet de redécouvrir la Parole telle qu'elle fut prononcée par Jésus et de l'entendre de la même manière que ses auditeurs. Vous trouverez le lien dans la rubrique 'l'Evangile commenté'. Que cette lecture biblique soit quotidienne et devienne un temps de rencontre avec le Seigneur Jésus. Vous serez surpris de constater les effets bénéfiques d'une telle lecture active et méditative. La grâce du Saint Esprit déposera en vos coeurs une rosée bienfaisante et vous verrez peut-être, comme j'eu la surprise de le voir, un verset se détacher du texte et s'afficher en plus gros pour que vous puissiez bien recevoir le message adressé par Dieu à vous seul, sur votre chemin de Carême.

Un autre temps à privilégier sur le chemin, c'est celui de l'adoration devant l'icône du Seigneur ou de sa sainte Mère. La contemplation fait entrer dans le Mystère de Dieu, cet Inconnaissable et pourtant si proche à notre humanité depuis son Incarnation. Notre Père céleste est au-delà de toute conception humaine. Il nous faut avoir l'humilité de le reconnaître et surtout de ne jamais prendre sa place pour le faire parler ou agir à notre guise. Dieu est au-delà de tout, ses pensées ne sont pas nos pensées, et pourtant il se fait proche par son Fils bien-aimé. En silence, devant l'icône du Sauveur, accompagné de la flamme d'une veilleuse, soyons immobile comme une page blanche qui attend d'être enluminée par la main experte d'un maître. On peut concentrer sa pensée sur ces quelques mots : Seigneur Jésus, miséricorde. Cela nous évitera de partir à la dérive de nos pensées; car elles nous entraineront toujours plus loin et nous empêcheront de rester dans l'instant présent. Veille, silence et vigilance devant le Seigneur. La durée importe peu. Ce n'est pas le temps qui compte, mais la qualité du don de soi pendant ce temps donné. A chacun de doser selon ses possibilités.

En ce dimanche liturgique, nous avons chanté un Ad Multos Annos pour fêter mes 10 ans de sacerdoce. C'était le 1er mars 2009. Mgr Grégoire m'imposait les mains pour me transmettre le flambeau apostolique et faire de moi un prêtre au service des frères et soeurs. Le chemin déjà parcouru fut mouvementé comme il se doit, avec des réussites et des échecs, mais il fut riche en partage, en grâces et en moments lumineux. Dix années trop vite passées qui en appellent d'autres pour un service fécond dans la Vigne du Seigneur. Quel bilan puis-je donner de cette décennie ? D'abord, une fidèlité constante à l'Eglise qui m'a fait confiance et une foi toujours intacte dans ce ministère sacerdotal. Ensuite, vient le constat amer de la difficulté de trouver et de réunir des fidèles assez intéressés par Jésus, par son enseignement, et qui soient prêts à consacrer du temps pour vivre une foi féconde dans la grâce sacramentelle offerte par l'Eglise. Notre tradition orthodoxe offre un espace de liberté qui peut répondre aux quêtes d'aujourd'hui, mais elle se heurte à une hostilité des autres institutions religieuses et aux réticences laïques héritées d'une histoire bien française. J'aimerai pouvoir offrir à mes contemporains un nouveau regard sur notre tradition chrétienne et accompagner une communauté d'âmes assoiffées jusqu'aux portes du Royaume des Cieux, dans la justesse et la liberté enseignées par le Seigneur Jésus lui-même. Que mes dix prochaines années me permettent de vivre un tel bonheur !

Les chemins du Carêmes sont variés et mystérieux, car on ne sait jamais ce que l'on va trouver en route, ni quelles seront les rencontres que nous allons faire. Que l'Esprit Saint vous accompagne et éclaire votre chemin intérieur vers la Rencontre importante avec le Christ !

+ Père Stéphane

 

 

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02 février 2019

Les miracles de Jésus

 

Quand on lit les Evangiles, on peut être surpris, intrigués ou dépités par les récits de miracles.  Que ce soit la guérison du paralytique ou celle de l'homme à la main désséchée, on découvre que le Seigneur restaure les membres défectueux et ainsi redonne la vie et l'espoir aux malades. Tous les miracles relatés sont du même modèle. Jésus ne va jamais au-delà du raisonnable en faisant pousser un nouveau bras ou une nouvelle jambe. Les seuls miracles extrèmes sont les résurrections. Mais là encore, le corps demeure dans son intégrité. C'est la Vie qui lui est redonnée alors que le processus de la mort avait éteint ce corps.

Pae exemple, dans le récit du miracle chez Jaïre (Marc 5, 39), Jésus va réssusciter la fille du chef de la synagogue, mais avant il dit:  "Pourquoi ce tumulte ? Pourquoi pleurez-vous ? L'enfant n'est pas morte, mais elle dort." Quel étonnement chez ceux qui entendent ces paroles puisqu'ils savent que la jeune fille est bien morte ! Mais pour le Seigneur, la mort n'est pas une fin en soi. C'est juste un état différent de la vie. Car la vraie mort, c'est être complètement coupé de Dieu, ne plus avoir accès à sa lumière. Alors que quand on meurt, on poursuit notre chemin de Vie, mais dans une autre dimension, hors de notre corps, hors de la matière. Ce processus de séparation n'est pas instantané. Il faut quelques jours avant la coupure définitive du lien terrestre. Après, l'état de mort devient définitif. C'est pour cela que la tradition chrétienne et notamment orthodoxe recommande un délai de 3 jours avant d'incinérer ou d'enterrer le mort. Il faut laisser du temps à la personne pour quitter ce monde et se familiariser avec son nouvel environnement. Voilà pourquoi Jésus dit que la jeune fille dort. Elle n'est pas encore vraiment morte à ses yeux. Son lien terrestre est toujours actif. Aussi, peut-il la rappeler des profondeurs létales pour la ramener à la vie, à la lumière du soleil, à la chaleur de l'amour de ses parents. Il y a là un message spirituel intéressant pour ceux qui prendront le temps d'aller au-delà du texte. C'est la même chose avec Lazare. D'où le grand étonnement de Marthe, de Marie et des personnes présentes devant le tombeau. Mais Jésus connaît les règles de la création et sait quand et comment il faut agir.

Il est intéressant de comprendre qu'il n'y a pas de merveilleux dans les Evangiles. Pas de magie non plus. Dieu n'agit pas en-dehors de sa création et des règles qu'il a instaurées. Mais il rappelle par des actes qu'Il est le Vivant ! Et tout ce que Jésus accomplit sont des actes de vie, rien de plus. Voilà qui change tout à mes yeux, et aux vôtres j'espère. Reprenez alors la lecture des quatre Evangiles avec un regard neuf et vous y découvrirez surement un autre relief, même si vous connaissez parfaitement les récits de miracle.

Enfin, j'ajouterai quand même une pensée subversive, car il me semble qu'une once de magie peut parfois opérer. En effet, il se passe parfois des choses inhabituelles quand on lit la Bible. J'ai vécu de pareils moments, mais je ne peux pas dire exactement ce qu'il s'est vraiment passé. Toutefois, n'oublions pas que les saintes Ecritures sont des textes vivants, qui parlent du Vivant et qu'elles contiennent un message de Vie.

Suite à cet éclairage, comment percevez-vous le miracle maintenant ?

+ Père Stéphane

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20 janvier 2019

Aléthéia

 

Voici un petit poème en offrande vespérale à mes amis lecteurs, en espérant qu'ils apprécient la poésie :

 

Il a tout dit en peu de mots,
Paroles de feu, ardents brûlots.
Pas de visage, seulement un nom,
Légué au monde de mille façons.


Souvent trahi et mal compris,
Son vivant message d’espérance
Transfigure encore nos pays
Aveuglés par de folles errances.


Semeur fécond d’une multitude,
Consolateur des coeurs blessés,
Il vient défaire nos servitudes
Pour nous offrir la liberté.

Vous avez surement compris que je parlais du Seigneur Jésus...

+ Père Stéphane

 

 

 

 

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04 janvier 2019

Bonne année avec le Christ

 

Nous voici donc en 2019. Que faire de cette nouvelle année qui nous est offerte ? Peut-être en profiter pour replonger dans la lecture de la Bible ! Prendre le temps d'ouvrir à nouveau ce Livre Saint et bien sûr ouvrir aussi son esprit à la Parole de Dieu. Voilà une bonne résolution qui sera un grand bénéfice pour notre vie spirituelle. Je vous invite à cheminer avec le Seigneur Jésus pour renouer des liens parfois trop distendus avec Lui et redonner du sens à notre vie.

Pourquoi aussi ne pas s'initier à l'oraison ou méditation ? Cette activité passive permet en effet de se laisser ensemencer par l'Esprit Saint et d'entrer dans la douce Présence du Christ. Alors, n'attendez pas trop longtemps avant d'essayer cette pratique qui vous assurera un vrai bien-être et vous apportera une paix intérieure très précieuse. Ce bouche à Bouche spirituel avec notre Dieu n'a aucun équivalent et est un vrai trésor pour le chrétien. 

Je vous souhaite une bonne et douce année dans la paix et la joie que nous donne notre Seigneur Jésus-Christ !

+ Père Stéphane

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09 décembre 2018

Retrouver le goût de l'Autre

 

Sur le chemin de l'Avent qui nous conduit jusqu'à Noël, il est des rencontres qui laissent une empreinte indélébile dans notre âme. Que ce soit avec un autre frère cheminant, ou bien avec un saint d'hier qui nous interpelle aujourd'hui, le chemin intérieur que nous empruntons pour accueillir l'Enfant Dieu dans notre humanité est semé d'étincelles plus ou moins éblouissantes. Toutefois, la vraie rencontre qu'il est nécessaire de faire pour parvenir au but fixé, c'est celle du Tout Autre. Lui seul pourra combler notre soif intérieure et apaiser nos doutes en cette vie qui peut parfois être très difficile à accepter. N'oublions pas que Dieu s'est fait homme pour que l'homme se fasse Dieu. Il s'agit bien d'une transfusion de nature qui nous est proposée, si nous osons ouvrir notre coeur à l'Amour véritable.

Aussi, ne soyons pas aveuglés par les soleils artificiels qui nous attirent, même si nous avons l'impression de recevoir des grâces et d'acquérir une sagesse éclairée. Soyons plus gourmands et plus gourmets. Nous méritons mieux que la manne récoltée de-ci de-là, même si déjà son goût nous ravit. Non, le Seigneur Dieu qui nous a faits souhaite nous nourrir avec une substance plus riche et plus suave que la manne céleste. Il s'agit de goûter la saveur du Tout Autre dans ce qu'elle a de plus corsée, de plus noble et de plus délicieuse pour nos papilles spirituelles. L'homme nouveau ne peut pas se contenter d'un ersatz quelconque. Il a besoin de retrouver la Source initiale pour s'y abreuver et s'y délecter pleinement. C'est seulement à cette condition que la quête pourra connaître son apogée et que l'âme sera totalement comblée. Quand la Vierge Marie a reçu la grâce totale du Saint Esprit qui lui a permis de devenir la Mère de Dieu, elle a ressenti alors ce qu'est la plénitude de l'être. Tout lui a été donné, gratuitement, pour qu'elle soit en mesure de comprendre ce qui allait s'accomplir en elle et par elle, pour toute l'humanité. Voilà pourquoi le silence fut sa seule réponse aux nombreuses sollicitations qui lui furent faites. Carn que répondre et comment traduire en mots ce qui est au-delà du concevable et ne peut être que vécu dans sa chair, dans son âme, dans son être ? Le silence devient alors la seule parole possible qui ne sera comprise que par celui qui vivra une telle expérience. "Que celui qui a des oreilles entende", dira souvent le Seigneur Jésus à la foule. Mais il s'agit là de l'ouie intérieure quand l'âme est au diapason avec le Tout Autre. Marie a vécu cette grâce inconcevable, mais elle n'est pas la seule. Dieu ne limite pas son accès, bien au contraire, et ce qu'il souhaite c'est s'unir aux plus d'âmes possibles. C'est sa volonté !

Alors, amis chrétiens sur le chemin de l'Avent, je vous souhaite de vivre une telle rencontre et d'entrer dans le silence qui deviendra votre seule parole en lien avec la Parole incarnée le soir de Noël.

+ Père Stéphane

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01 novembre 2018

Des fleurs pour les défunts

 

Toussaint 2018. Il fait beau et doux. En me promenant pour humer l'air automnal, je passe devant le cimetière et je me souviens que c'est le jour des fleurs pour les défunts. Effectivement, les voitures forment un ballet incessant devant le cimetière qui, les portes grandes ouvertes sur une belle allée centrale ornée de chrysanthèmes de toutes les couleurs, invite à entrer pour admirer les couleurs vives sur le marbre gris des tombes. Et je ne résiste pas à cet appel, d'autant plus que je ne suis jamais entré en ce lieu paisible.

De tous côtés, des fleurs en gros bouquets empotés parsèment les allées et donnent à ce lieu une gaité peu commune. Mais j'aime bien ce contraste entre la tristesse des caveaux gris et ces gerbes colorées qui viennent rappeler aux vivants que les morts sont dans la lumière de l'au-delà. Mais combien de visiteurs ont conscience de ceci lorsqu'ils déposent leurs fleurs sur la tombe familiale ? Je crains, hélas, qu'ils ne soient fort peu. Et pourtant, comme il est doux de penser que les êtres disparus qui nous manquent tant ne sont pas dans un néant indéfini. Ils sont bien vivants et essaient souvent de nous le dire, mais nous sommes bien peu disposés à croire ce que nous ne voyons pas.

Et puis la mort, aujourd'hui, cela n'intéresse plus personne. Elle viendra bien assez vite et nous verrons alors ce que nous deviendrons. Seules les pompes funèbres en tirent un gain financier, jouant sur le malheur des survivants pour leur vendre un maximum de décorum inutile. La mort est devenue un commerce et même les communes essaient d'en tirer un vrai profit en supprimant les concessions perpétuelles. Les cimetières, comme les autres terrains communaux, doivent être rentabilisés pour que le maximum de quidams puissent y trouver un logement, mais seulement pour quelques années. Une sorte de transition, mais vers quoi au juste, puisque tout est néant ?

Et le chrétien, dans tout cela. A quoi croit-il encore ? Il garde la coutume, mais je ne suis pas certain que la Vie éternelle ait encore un sens profond dans le coeur des croyants. Jésus, le Vivant, nous a délivrés de la mort. En sommes-nous persuadés ? Mais, de quelle mort s'agit-il ? Point n'est question de la mort corporelle qui, elle, est bien définitive. Non, il s'agit là de la mort spirituelle, ce qui est bien plus grave. Le corps doit disparaitre, c'est son lot, comme toute créature formée de matière. Entrer dans le Royaume des Cieux, donc dans la Présence du Père céleste, c'est ce que Jésus promet à celui qui écoutera et méditera ses Paroles de vie, puis les mettra en pratique. Alors, si ce "nouveau-né" laisse entrer la lumière de la connaissance spirituelle dans son être profond et qu'il se laisse ensemencer par l'Esprit Saint, alors son corps peut bien périr. Il ne sera jamais mort ! Il est déjà entré dans la Vie éternelle et la mort n'est rien d'autre qu'un phénomène normal pour ce qui appartient à la matière.

La résurrection n'est pas liée aux corps, mais aux âmes. Elle n'est pas une promesse eschatologique, mais une réalité à saisir et à expérimenter dès cette vie terrestre. Jésus nous promet la résurrection ici et maintenant, pour une durée éternelle. Il ne faut pas comprendre de travers les paroles du Seigneur, ni se laisser enténèbrer l'esprit pas des conceptions qui ont été rajoutées au fil des siècles et ont dénaturé le message originel. Le Christ nous invite à naître de nouveau et à vivre cette expérience unique dans notre existence actuelle. Nicodème ne comprend pas cette parole et s'interroge sur cette nouvelle naissance. Il ramène tout au corps, alors que Jésus parle en Esprit. Je vous invite à lire l'Evangile avec des yeux nouveaux, en abandonnant vos vieilles certitudes, comme un nouveau-né qui n'a pas encore reçu l'héritage culturel de son milieu. Lisez également l'Evangile selon Thomas qui nous ramène à la source évangélique. Vous serez surpris pas ce que vos yeux liront et par ce que votre esprit percevra au fur et à mesure. Si vous faites cette démarche avec un coeur sincère et seulement guidés par l'Esprit Saint, alors vous entrerez dans la Connaissance ou Sagesse qui éclairera votre être et dissipera toute erreur. Parvenus au coeur de votre coeur, là où germe la vie éternelle, vous boirez à la source féconde et ne serez plus jamais soumis à la mort spirituelle. Vous serez déjà entré dans la résurrection promise par le Seigneur Jésus et vous deviendrez citoyen du Royaume des Cieux. A ce moment-là, la disparition de votre corps physique ne sera plus qu'une simple formalité selon la formule célèbre : rendez à César ce qui appartient à César, ou bien ici : rendez à la terre ce qui appartient à la terre.

Bon chemin de l'Avent, préparation à la Nativité du Seigneur. Que ce temps soit celui de votre nouvelle naissance en Esprit. Prenez le temps de suivre l'étoile lumineuse qui scintille en vous. Voilà la volonté du Christ Jésus !

+ Père Stéphane 

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01 octobre 2018

Le Royaume de Dieu est en nous

 

Les Pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le Royaume de Dieu. Il leur répondit : "Le Royaume de Dieu ne vient pas de façon spectaculaire. On ne dira pas : "Voyez, il est ici!" ou bien : "Il est là!" Car, sachez-le, le Royaume de Dieu est en vous !" (Luc 17, 20- 21).

Oui, voilà bien la misère de l'homme que de vouloir chercher à l'extérieur ce qui existe pleinement en lui, au coeur de son être. Jésus nous parle de Royaume intérieur et non pas d'un règne dans le siècle. Tout est déjà là, en chacun de nous, et Jésus en est le Chemin lumineux. Lui seul peut nous guider jusqu'à ce Royaume intérieur. L'Eglise a tronqué depuis son origine cette vérité pour prendre la place du Christ afin de règner sur l'existence des hommes et des femmes au cours des siècles. "Hors de l'Eglise point de salut" fut son slogan, faisant croire des inepties aux pauvres hères du passé. Et pour ne pas être confondue, elle a scellé la Parole de Jésus en interdisant sa lecture au peuple des croyants. Ce fut le génie de la Réforme de diffuser au monde cette Parole de Vie et de la délivrer du carcan des "savants". Chacun pouvait ainsi avoir accès à l'enseignement du Maître et se faire sa propre opinion. Mais hélas, l'ignorance humaine en a fait un dogme absolu, annihilant ainsi toute liberté aux adeptes des idées réformées. Voulant lutter contre la tyranie romaine, Calvin est devenu lui même un tyran. Il a trahi le Seigneur Jésus, son Maître, qui est venu parmi nous pour libérer les consciences et redonner à chacun son libre arbitre. Voilà bien le drame de l'humanité au fil des sicèles.

Je vous l'affirme, pour entrer dans le Royaume intérieur, le seul chemin à suivre est Jésus, Parole de Vie. L'Eglise n'est pas au-dessus de son Maître. Elle n'a aucun droit d'imposer son diktat et son joug à qui que ce soit. C'est en homme libre que nous devons suivre Jésus et goûter aux fruits de l'Esprit. Il faut lutter de toutes nos forces contre le dogmatisme et le despotisme. Notre conscience est inviolable !

Alors, que signifie la parole de Jésus citée dans l'Evangile selon saint Luc ? Le Royaume, le lieu de la vie, de la connaissance, du repos, n'est ni au-dessus, ni au-delà, ni en-dessous. Il est dedans. Il est exactement là où je suis en ce moment, plus proche de moi que moi-même et que toute autre chose. C'est la demeure que je n'ai jamais vraiment quittée, le centre de ce qui est à la fois mon monde et le monde, toujours ici et jamais là-bas. Jésus nous invite à faire pivoter notre attention de 180 degrés et de regarder simultanément ce à partir de quoi nous regardons et ce que nous regardons. C'est aussi simple que cela, pourvu que nous cessions de prétendre que c'est compliqué, difficile et réservé uniquement à des gens très spéciaux. Qui que nous soyons et tels que nous sommes, c'est ici,et seulement ici, que nous trouverons la perle, le trésor caché, l'immortalité, la dignité royale qui est la nôtre. Ici, au centre de notre être, nous sommes la clé, nous sommes le secret de ces paroles de Jésus.

Le Royaume de Dieu, c'est à dire la Présence divine est déjà en nous. Notre Père céleste nous attend pour un Face à face éternel. Bon voyage au centre de vous-même à la lumière du Christ ! 

+ Père Stéphane

 

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