Blog orthodoxe de l'Annonciation

10 mars 2019

Chemins de Carême

 

En ce premier dimanche de Carême où Jésus est tenté par le diable dans le désert de nos vies humaines, nous voici entrés en vigilance durant cette quarantaine pendant laquelle les ténèbres vont alterner avec la lumière. Dès maintenant, il va nous falloir veiller sur notre âme, éveiller notre esprit et jeûner aux nourritures terrestres pour raviver notre appétit pour les nourritures spirituelles.

Le Pain de Vie qui doit nous sustanter pendant ce chemin de vigilance c'est la Parole de Dieu contenue dans la Bible. Prenons du temps chaque jour pour lire et relire les Evangiles, cette "heureuse nouvelle" qui saura nous donner une nourriture abondante et salutaire. Jésus doit devenir notre unique compagnon de route et nous devons comme Marie, la soeur de Marthe, nous arrêter pour nous mettre à son écoute attentive. Méditer la parole évangélique est une nécessité pour tout chrétien en marche vers le Royaume. Cette Parole est bien vivante et le Seigneur s'adresse à chacun de nous à travers elle. Pour en mieux goûter la saveur, il est conseillé de lire le texte à voix haute. Une traduction comme celle proposée par Soeur Jeanne d'Arc permet de redécouvrir la Parole telle qu'elle fut prononcée par Jésus et de l'entendre de la même manière que ses auditeurs. Vous trouverez le lien dans la rubrique 'l'Evangile commenté'. Que cette lecture biblique soit quotidienne et devienne un temps de rencontre avec le Seigneur Jésus. Vous serez surpris de constater les effets bénéfiques d'une telle lecture active et méditative. La grâce du Saint Esprit déposera en vos coeurs une rosée bienfaisante et vous verrez peut-être, comme j'eu la surprise de le voir, un verset se détacher du texte et s'afficher en plus gros pour que vous puissiez bien recevoir le message adressé par Dieu à vous seul, sur votre chemin de Carême.

Un autre temps à privilégier sur le chemin, c'est celui de l'adoration devant l'icône du Seigneur ou de sa sainte Mère. La contemplation fait entrer dans le Mystère de Dieu, cet Inconnaissable et pourtant si proche à notre humanité depuis son Incarnation. Notre Père céleste est au-delà de toute conception humaine. Il nous faut avoir l'humilité de le reconnaître et surtout de ne jamais prendre sa place pour le faire parler ou agir à notre guise. Dieu est au-delà de tout, ses pensées ne sont pas nos pensées, et pourtant il se fait proche par son Fils bien-aimé. En silence, devant l'icône du Sauveur, accompagné de la flamme d'une veilleuse, soyons immobile comme une page blanche qui attend d'être enluminée par la main experte d'un maître. On peut concentrer sa pensée sur ces quelques mots : Seigneur Jésus, miséricorde. Cela nous évitera de partir à la dérive de nos pensées; car elles nous entraineront toujours plus loin et nous empêcheront de rester dans l'instant présent. Veille, silence et vigilance devant le Seigneur. La durée importe peu. Ce n'est pas le temps qui compte, mais la qualité du don de soi pendant ce temps donné. A chacun de doser selon ses possibilités.

En ce dimanche liturgique, nous avons chanté un Ad Multos Annos pour fêter mes 10 ans de sacerdoce. C'était le 1er mars 2009. Mgr Grégoire m'imposait les mains pour me transmettre le flambeau apostolique et faire de moi un prêtre au service des frères et soeurs. Le chemin déjà parcouru fut mouvementé comme il se doit, avec des réussites et des échecs, mais il fut riche en partage, en grâces et en moments lumineux. Dix années trop vite passées qui en appellent d'autres pour un service fécond dans la Vigne du Seigneur. Quel bilan puis-je donner de cette décennie ? D'abord, une fidèlité constante à l'Eglise qui m'a fait confiance et une foi toujours intacte dans ce ministère sacerdotal. Ensuite, vient le constat amer de la difficulté de trouver et de réunir des fidèles assez intéressés par Jésus, par son enseignement, et qui soient prêts à consacrer du temps pour vivre une foi féconde dans la grâce sacramentelle offerte par l'Eglise. Notre tradition orthodoxe offre un espace de liberté qui peut répondre aux quêtes d'aujourd'hui, mais elle se heurte à une hostilité des autres institutions religieuses et aux réticences laïques héritées d'une histoire bien française. J'aimerai pouvoir offrir à mes contemporains un nouveau regard sur notre tradition chrétienne et accompagner une communauté d'âmes assoiffées jusqu'aux portes du Royaume des Cieux, dans la justesse et la liberté enseignées par le Seigneur Jésus lui-même. Que mes dix prochaines années me permettent de vivre un tel bonheur !

Les chemins du Carêmes sont variés et mystérieux, car on ne sait jamais ce que l'on va trouver en route, ni quelles seront les rencontres que nous allons faire. Que l'Esprit Saint vous accompagne et éclaire votre chemin intérieur vers la Rencontre importante avec le Christ !

+ Père Stéphane

 

 

Posté par Pere Stephane à 19:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]


02 février 2019

Les miracles de Jésus

 

Quand on lit les Evangiles, on peut être surpris, intrigués ou dépités par les récits de miracles.  Que ce soit la guérison du paralytique ou celle de l'homme à la main désséchée, on découvre que le Seigneur restaure les membres défectueux et ainsi redonne la vie et l'espoir aux malades. Tous les miracles relatés sont du même modèle. Jésus ne va jamais au-delà du raisonnable en faisant pousser un nouveau bras ou une nouvelle jambe. Les seuls miracles extrèmes sont les résurrections. Mais là encore, le corps demeure dans son intégrité. C'est la Vie qui lui est redonnée alors que le processus de la mort avait éteint ce corps.

Pae exemple, dans le récit du miracle chez Jaïre (Marc 5, 39), Jésus va réssusciter la fille du chef de la synagogue, mais avant il dit:  "Pourquoi ce tumulte ? Pourquoi pleurez-vous ? L'enfant n'est pas morte, mais elle dort." Quel étonnement chez ceux qui entendent ces paroles puisqu'ils savent que la jeune fille est bien morte ! Mais pour le Seigneur, la mort n'est pas une fin en soi. C'est juste un état différent de la vie. Car la vraie mort, c'est être complètement coupé de Dieu, ne plus avoir accès à sa lumière. Alors que quand on meurt, on poursuit notre chemin de Vie, mais dans une autre dimension, hors de notre corps, hors de la matière. Ce processus de séparation n'est pas instantané. Il faut quelques jours avant la coupure définitive du lien terrestre. Après, l'état de mort devient définitif. C'est pour cela que la tradition chrétienne et notamment orthodoxe recommande un délai de 3 jours avant d'incinérer ou d'enterrer le mort. Il faut laisser du temps à la personne pour quitter ce monde et se familiariser avec son nouvel environnement. Voilà pourquoi Jésus dit que la jeune fille dort. Elle n'est pas encore vraiment morte à ses yeux. Son lien terrestre est toujours actif. Aussi, peut-il la rappeler des profondeurs létales pour la ramener à la vie, à la lumière du soleil, à la chaleur de l'amour de ses parents. Il y a là un message spirituel intéressant pour ceux qui prendront le temps d'aller au-delà du texte. C'est la même chose avec Lazare. D'où le grand étonnement de Marthe, de Marie et des personnes présentes devant le tombeau. Mais Jésus connaît les règles de la création et sait quand et comment il faut agir.

Il est intéressant de comprendre qu'il n'y a pas de merveilleux dans les Evangiles. Pas de magie non plus. Dieu n'agit pas en-dehors de sa création et des règles qu'il a instaurées. Mais il rappelle par des actes qu'Il est le Vivant ! Et tout ce que Jésus accomplit sont des actes de vie, rien de plus. Voilà qui change tout à mes yeux, et aux vôtres j'espère. Reprenez alors la lecture des quatre Evangiles avec un regard neuf et vous y découvrirez surement un autre relief, même si vous connaissez parfaitement les récits de miracle.

Enfin, j'ajouterai quand même une pensée subversive, car il me semble qu'une once de magie peut parfois opérer. En effet, il se passe parfois des choses inhabituelles quand on lit la Bible. J'ai vécu de pareils moments, mais je ne peux pas dire exactement ce qu'il s'est vraiment passé. Toutefois, n'oublions pas que les saintes Ecritures sont des textes vivants, qui parlent du Vivant et qu'elles contiennent un message de Vie.

Suite à cet éclairage, comment percevez-vous le miracle maintenant ?

+ Père Stéphane

Posté par Pere Stephane à 19:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 janvier 2019

Aléthéia

 

Voici un petit poème en offrande vespérale à mes amis lecteurs, en espérant qu'ils apprécient la poésie :

 

Il a tout dit en peu de mots,
Paroles de feu, ardents brûlots.
Pas de visage, seulement un nom,
Légué au monde de mille façons.


Souvent trahi et mal compris,
Son vivant message d’espérance
Transfigure encore nos pays
Aveuglés par de folles errances.


Semeur fécond d’une multitude,
Consolateur des coeurs blessés,
Il vient défaire nos servitudes
Pour nous offrir la liberté.

Vous avez surement compris que je parlais du Seigneur Jésus...

+ Père Stéphane

 

 

 

 

Posté par Pere Stephane à 19:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 janvier 2019

Bonne année avec le Christ

 

Nous voici donc en 2019. Que faire de cette nouvelle année qui nous est offerte ? Peut-être en profiter pour replonger dans la lecture de la Bible ! Prendre le temps d'ouvrir à nouveau ce Livre Saint et bien sûr ouvrir aussi son esprit à la Parole de Dieu. Voilà une bonne résolution qui sera un grand bénéfice pour notre vie spirituelle. Je vous invite à cheminer avec le Seigneur Jésus pour renouer des liens parfois trop distendus avec Lui et redonner du sens à notre vie.

Pourquoi aussi ne pas s'initier à l'oraison ou méditation ? Cette activité passive permet en effet de se laisser ensemencer par l'Esprit Saint et d'entrer dans la douce Présence du Christ. Alors, n'attendez pas trop longtemps avant d'essayer cette pratique qui vous assurera un vrai bien-être et vous apportera une paix intérieure très précieuse. Ce bouche à Bouche spirituel avec notre Dieu n'a aucun équivalent et est un vrai trésor pour le chrétien. 

Je vous souhaite une bonne et douce année dans la paix et la joie que nous donne notre Seigneur Jésus-Christ !

+ Père Stéphane

Posté par Pere Stephane à 20:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 décembre 2018

Retrouver le goût de l'Autre

 

Sur le chemin de l'Avent qui nous conduit jusqu'à Noël, il est des rencontres qui laissent une empreinte indélébile dans notre âme. Que ce soit avec un autre frère cheminant, ou bien avec un saint d'hier qui nous interpelle aujourd'hui, le chemin intérieur que nous empruntons pour accueillir l'Enfant Dieu dans notre humanité est semé d'étincelles plus ou moins éblouissantes. Toutefois, la vraie rencontre qu'il est nécessaire de faire pour parvenir au but fixé, c'est celle du Tout Autre. Lui seul pourra combler notre soif intérieure et apaiser nos doutes en cette vie qui peut parfois être très difficile à accepter. N'oublions pas que Dieu s'est fait homme pour que l'homme se fasse Dieu. Il s'agit bien d'une transfusion de nature qui nous est proposée, si nous osons ouvrir notre coeur à l'Amour véritable.

Aussi, ne soyons pas aveuglés par les soleils artificiels qui nous attirent, même si nous avons l'impression de recevoir des grâces et d'acquérir une sagesse éclairée. Soyons plus gourmands et plus gourmets. Nous méritons mieux que la manne récoltée de-ci de-là, même si déjà son goût nous ravit. Non, le Seigneur Dieu qui nous a faits souhaite nous nourrir avec une substance plus riche et plus suave que la manne céleste. Il s'agit de goûter la saveur du Tout Autre dans ce qu'elle a de plus corsée, de plus noble et de plus délicieuse pour nos papilles spirituelles. L'homme nouveau ne peut pas se contenter d'un ersatz quelconque. Il a besoin de retrouver la Source initiale pour s'y abreuver et s'y délecter pleinement. C'est seulement à cette condition que la quête pourra connaître son apogée et que l'âme sera totalement comblée. Quand la Vierge Marie a reçu la grâce totale du Saint Esprit qui lui a permis de devenir la Mère de Dieu, elle a ressenti alors ce qu'est la plénitude de l'être. Tout lui a été donné, gratuitement, pour qu'elle soit en mesure de comprendre ce qui allait s'accomplir en elle et par elle, pour toute l'humanité. Voilà pourquoi le silence fut sa seule réponse aux nombreuses sollicitations qui lui furent faites. Carn que répondre et comment traduire en mots ce qui est au-delà du concevable et ne peut être que vécu dans sa chair, dans son âme, dans son être ? Le silence devient alors la seule parole possible qui ne sera comprise que par celui qui vivra une telle expérience. "Que celui qui a des oreilles entende", dira souvent le Seigneur Jésus à la foule. Mais il s'agit là de l'ouie intérieure quand l'âme est au diapason avec le Tout Autre. Marie a vécu cette grâce inconcevable, mais elle n'est pas la seule. Dieu ne limite pas son accès, bien au contraire, et ce qu'il souhaite c'est s'unir aux plus d'âmes possibles. C'est sa volonté !

Alors, amis chrétiens sur le chemin de l'Avent, je vous souhaite de vivre une telle rencontre et d'entrer dans le silence qui deviendra votre seule parole en lien avec la Parole incarnée le soir de Noël.

+ Père Stéphane

Posté par Pere Stephane à 19:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]


01 novembre 2018

Des fleurs pour les défunts

 

Toussaint 2018. Il fait beau et doux. En me promenant pour humer l'air automnal, je passe devant le cimetière et je me souviens que c'est le jour des fleurs pour les défunts. Effectivement, les voitures forment un ballet incessant devant le cimetière qui, les portes grandes ouvertes sur une belle allée centrale ornée de chrysanthèmes de toutes les couleurs, invite à entrer pour admirer les couleurs vives sur le marbre gris des tombes. Et je ne résiste pas à cet appel, d'autant plus que je ne suis jamais entré en ce lieu paisible.

De tous côtés, des fleurs en gros bouquets empotés parsèment les allées et donnent à ce lieu une gaité peu commune. Mais j'aime bien ce contraste entre la tristesse des caveaux gris et ces gerbes colorées qui viennent rappeler aux vivants que les morts sont dans la lumière de l'au-delà. Mais combien de visiteurs ont conscience de ceci lorsqu'ils déposent leurs fleurs sur la tombe familiale ? Je crains, hélas, qu'ils ne soient fort peu. Et pourtant, comme il est doux de penser que les êtres disparus qui nous manquent tant ne sont pas dans un néant indéfini. Ils sont bien vivants et essaient souvent de nous le dire, mais nous sommes bien peu disposés à croire ce que nous ne voyons pas.

Et puis la mort, aujourd'hui, cela n'intéresse plus personne. Elle viendra bien assez vite et nous verrons alors ce que nous deviendrons. Seules les pompes funèbres en tirent un gain financier, jouant sur le malheur des survivants pour leur vendre un maximum de décorum inutile. La mort est devenue un commerce et même les communes essaient d'en tirer un vrai profit en supprimant les concessions perpétuelles. Les cimetières, comme les autres terrains communaux, doivent être rentabilisés pour que le maximum de quidams puissent y trouver un logement, mais seulement pour quelques années. Une sorte de transition, mais vers quoi au juste, puisque tout est néant ?

Et le chrétien, dans tout cela. A quoi croit-il encore ? Il garde la coutume, mais je ne suis pas certain que la Vie éternelle ait encore un sens profond dans le coeur des croyants. Jésus, le Vivant, nous a délivrés de la mort. En sommes-nous persuadés ? Mais, de quelle mort s'agit-il ? Point n'est question de la mort corporelle qui, elle, est bien définitive. Non, il s'agit là de la mort spirituelle, ce qui est bien plus grave. Le corps doit disparaitre, c'est son lot, comme toute créature formée de matière. Entrer dans le Royaume des Cieux, donc dans la Présence du Père céleste, c'est ce que Jésus promet à celui qui écoutera et méditera ses Paroles de vie, puis les mettra en pratique. Alors, si ce "nouveau-né" laisse entrer la lumière de la connaissance spirituelle dans son être profond et qu'il se laisse ensemencer par l'Esprit Saint, alors son corps peut bien périr. Il ne sera jamais mort ! Il est déjà entré dans la Vie éternelle et la mort n'est rien d'autre qu'un phénomène normal pour ce qui appartient à la matière.

La résurrection n'est pas liée aux corps, mais aux âmes. Elle n'est pas une promesse eschatologique, mais une réalité à saisir et à expérimenter dès cette vie terrestre. Jésus nous promet la résurrection ici et maintenant, pour une durée éternelle. Il ne faut pas comprendre de travers les paroles du Seigneur, ni se laisser enténèbrer l'esprit pas des conceptions qui ont été rajoutées au fil des siècles et ont dénaturé le message originel. Le Christ nous invite à naître de nouveau et à vivre cette expérience unique dans notre existence actuelle. Nicodème ne comprend pas cette parole et s'interroge sur cette nouvelle naissance. Il ramène tout au corps, alors que Jésus parle en Esprit. Je vous invite à lire l'Evangile avec des yeux nouveaux, en abandonnant vos vieilles certitudes, comme un nouveau-né qui n'a pas encore reçu l'héritage culturel de son milieu. Lisez également l'Evangile selon Thomas qui nous ramène à la source évangélique. Vous serez surpris pas ce que vos yeux liront et par ce que votre esprit percevra au fur et à mesure. Si vous faites cette démarche avec un coeur sincère et seulement guidés par l'Esprit Saint, alors vous entrerez dans la Connaissance ou Sagesse qui éclairera votre être et dissipera toute erreur. Parvenus au coeur de votre coeur, là où germe la vie éternelle, vous boirez à la source féconde et ne serez plus jamais soumis à la mort spirituelle. Vous serez déjà entré dans la résurrection promise par le Seigneur Jésus et vous deviendrez citoyen du Royaume des Cieux. A ce moment-là, la disparition de votre corps physique ne sera plus qu'une simple formalité selon la formule célèbre : rendez à César ce qui appartient à César, ou bien ici : rendez à la terre ce qui appartient à la terre.

Bon chemin de l'Avent, préparation à la Nativité du Seigneur. Que ce temps soit celui de votre nouvelle naissance en Esprit. Prenez le temps de suivre l'étoile lumineuse qui scintille en vous. Voilà la volonté du Christ Jésus !

+ Père Stéphane 

Posté par Pere Stephane à 19:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 octobre 2018

Le Royaume de Dieu est en nous

 

Les Pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le Royaume de Dieu. Il leur répondit : "Le Royaume de Dieu ne vient pas de façon spectaculaire. On ne dira pas : "Voyez, il est ici!" ou bien : "Il est là!" Car, sachez-le, le Royaume de Dieu est en vous !" (Luc 17, 20- 21).

Oui, voilà bien la misère de l'homme que de vouloir chercher à l'extérieur ce qui existe pleinement en lui, au coeur de son être. Jésus nous parle de Royaume intérieur et non pas d'un règne dans le siècle. Tout est déjà là, en chacun de nous, et Jésus en est le Chemin lumineux. Lui seul peut nous guider jusqu'à ce Royaume intérieur. L'Eglise a tronqué depuis son origine cette vérité pour prendre la place du Christ afin de règner sur l'existence des hommes et des femmes au cours des siècles. "Hors de l'Eglise point de salut" fut son slogan, faisant croire des inepties aux pauvres hères du passé. Et pour ne pas être confondue, elle a scellé la Parole de Jésus en interdisant sa lecture au peuple des croyants. Ce fut le génie de la Réforme de diffuser au monde cette Parole de Vie et de la délivrer du carcan des "savants". Chacun pouvait ainsi avoir accès à l'enseignement du Maître et se faire sa propre opinion. Mais hélas, l'ignorance humaine en a fait un dogme absolu, annihilant ainsi toute liberté aux adeptes des idées réformées. Voulant lutter contre la tyranie romaine, Calvin est devenu lui même un tyran. Il a trahi le Seigneur Jésus, son Maître, qui est venu parmi nous pour libérer les consciences et redonner à chacun son libre arbitre. Voilà bien le drame de l'humanité au fil des sicèles.

Je vous l'affirme, pour entrer dans le Royaume intérieur, le seul chemin à suivre est Jésus, Parole de Vie. L'Eglise n'est pas au-dessus de son Maître. Elle n'a aucun droit d'imposer son diktat et son joug à qui que ce soit. C'est en homme libre que nous devons suivre Jésus et goûter aux fruits de l'Esprit. Il faut lutter de toutes nos forces contre le dogmatisme et le despotisme. Notre conscience est inviolable !

Alors, que signifie la parole de Jésus citée dans l'Evangile selon saint Luc ? Le Royaume, le lieu de la vie, de la connaissance, du repos, n'est ni au-dessus, ni au-delà, ni en-dessous. Il est dedans. Il est exactement là où je suis en ce moment, plus proche de moi que moi-même et que toute autre chose. C'est la demeure que je n'ai jamais vraiment quittée, le centre de ce qui est à la fois mon monde et le monde, toujours ici et jamais là-bas. Jésus nous invite à faire pivoter notre attention de 180 degrés et de regarder simultanément ce à partir de quoi nous regardons et ce que nous regardons. C'est aussi simple que cela, pourvu que nous cessions de prétendre que c'est compliqué, difficile et réservé uniquement à des gens très spéciaux. Qui que nous soyons et tels que nous sommes, c'est ici,et seulement ici, que nous trouverons la perle, le trésor caché, l'immortalité, la dignité royale qui est la nôtre. Ici, au centre de notre être, nous sommes la clé, nous sommes le secret de ces paroles de Jésus.

Le Royaume de Dieu, c'est à dire la Présence divine est déjà en nous. Notre Père céleste nous attend pour un Face à face éternel. Bon voyage au centre de vous-même à la lumière du Christ ! 

+ Père Stéphane

 

Posté par Pere Stephane à 19:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 août 2018

Un été caché dans les arbres

 

0387101C'est la reprise du travail après la parenthèse des vacances qui a permis de recharger les batteries. Nous étions en Touraine dans le cadre verdoyant du Monastère de Bois Aubry. Repos dans la prairie, balades dans les champs de tournesols, rencontres avec les amis et découvertes de lieux historiques au charme certain.

Nous avons célébré la liturgie dominicale avec notre Evêque dans le beau décor de la chapelle du monastère, et avec quelques frères dont nous avons apprécié les retrouvailles et le partage. Belle rencontre aussi avec des jeunes randonneuses à cheval venues passer la nuit à l'abri en raison de la forte pluie d'un soir d'été. Ne pouvant pas planter la tente dans les champs alentours, les murs protecteurs des chambres d'hôtes ont été plus que salvateurs. Le quiétude du lieu fut quelque peu malmenée par ces jeunes filles qui ne connaissent pas les délices du silence et qui ont besoin de vivre dans le bruit pour se sentir exister. Mais cela fait aussi partie du charme des vacances où il faut savoir accepter l'inconnu.

Le temps fort des vacances fut la visite du Moulin de Claude François, à Dennemois, dans la campagne francilienne. Voyage un peu long, car ce lieu tant espéré est fort éloigné de notre camp de base, mais c'était l'occasion de découvrir cet havre de paix voulu par le chanteur qui lui a tant apporté de bonheur. Intense émotion en se recueillant sur sa tombe, toujours fleurie, dans ce petit cimetière qui a dû connaître bien du mouvement depuis 40 ans. Village aux grandes maisons, aux belles voitures, aux vastes terrains, où les parisiens fortunés peuvent trouver un endroit paisible pour décompresser de la grande ville. Enfin, découverte de cette maison sauvée de la ruine par un couple de fans motivés qui permet de retrouver les objets familiers, les lieux tant photographiés à l'époque et de se promener le long de la rivière l'Ecole qui serpente dans le parc. Enfin, la belle piscine aux eaux bleues donnait envie de faire un petit plongeon pour se rafraîchir. Hélas, ce n'est pas prévu dans la visite ! Grande émotion et beaux souvenirs pris en photos.

Côté lecture, deux livres chargés d'histoire : une vie de Agnès Sorel, favorite du roi Charles VII, qui vécut à Saumur (que nous avons visité); et une vie de Rabelais, personnage important de la littérature, dont nous avons visité la maison familiale à la Devinière, du côté de Chinon. Un lieu charmant et étrange avec toute une partie souterraine creusée dans le tuf sous la maison. Un retour au moyen-âge qui a permis de déconnecter complètement de la réalité. Et puis un autre livre au titre étrange : "des brebis dans les arbres", qui relate le témoignage d'une femme ayant entendu l'appel du Christ sur un chemin spirituel qui la conduisait à l'opposé de la foi chrétienne. Une belle découverte en cours de lecture. Je vous en reparlerai.

Voilà, pour terminer, je vous invite à consulter le nouveau calendrier des prochaines liturgies et à prendre note de la venue de notre Evêque, le dimanche 6 janvier 2019, qui viendra célébrer la liturgie dans notre paroisse.

Bel été à vous tous avec l'Ami fidèle, Jésus, qui recherche les brebis cachées dans les arbres...

+ Père Stéphane

 

Posté par Pere Stephane à 13:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 juin 2018

Redécouvrir le goût d'une Parole affadie

 

Les Quatre Evangiles

Nous voici maintenant dans le temps après Pentecôte, quon appelle aussi temps ordinaire, peut-être parce qu'il ne se passe rien d'extraordinaire. Les grandes fêtes du Seigneur sont passées et nous voici dans un temps suspendu entre la Résurrection et la Naissance du Christ. On pourrait se laisser aller au farniente estival et attendre que les heures passent, bien assoupis dans notre torpeur de chrétiens sans prétention. Mais ce n'est pas ce que le Seigneur nous demande, bien au contraire. Il nous incite plutôt à veiller et à rester vigilant. Il nous attend près du puits de Jacob pour nous offrir l'eau vive qui seule pourra étancher notre soif d'absolu. Oui, mais voilà, encore faut-il avoir soif pour répondre à l'appel du Christ !  Et aussi avoir faim pour désirer la nourriture céleste que le Fils de Dieu est venu nous offrir ! Mais notre civilisation dite chrétienne n'a plus vraiment soif et faim de ce Dieu qui s'est fait homme pour que nous devenions des dieux.

Et si cet été était une belle occasion de retrouver cette faim et cette soif d'absolu ? Nous sommes tellement gavés des nourritures terrestres de toutes sortes que nous en oublions l'essentiel. Jésus a rappelé cette sentence tirée de l'Ancienne Alliance : "ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de tout mot sortant de la bouche de Dieu" (Matt 4, 4). Voilà qui est intéressant. Maintenant il reste à trouver ces mots divins dont nous devons nous nourrir. Et le chrétien en quête d'absolu doit redécouvrir son patrimoine spirituel qui est l'Evangile ou plutôt qui sont les Quatre Evangiles laissés en legs aux générations futures par ces quatre collecteurs de mots que sont Matthieu, Marc, Luc et Jean. A nous de savoir puiser dans ce trésor la manne céleste dont nous avons besoin pour entrer dans l'intimité de ce Dieu fait homme. Toutefois, cela n'est pas si simple. Il y a tellement de traductions possibles qu'on peut s'y perdre et surtout on peut y perdre le goût de l'authentique saveur des paroles du Seigneur Jésus. L'idéal serait de connaître le grec ancien et de lire le texte original. Mais alors les choses deviendraient si compliquées que le chrétien assoupi n'aurait même plus la force d'essayer de retrouver cette source de Vie.

Fort heureusement, notre Père céleste n'est pas avare de ses grâces et il les distribue en abondance à quelques aventuriers de l'Esprit pour qu'ils ouvrent le chemin et nous permettent de prendre la route en suivant les petites traces lumineuses de leur passage. C'est ce qu'a fait Soeur Jeanne d'Arc, toute occupée pendant des années à sortir l'Evangile de sa fadeur pour lui redonner le goût de l'authentique Parole sortie de la bouche de Dieu. Malgré un handicap physique, cette chercheuse spirituelle a consacré sa vie entière à traduire les Quatre Evangiles en respectant le texte grec dans sa syntaxe et en redonnant aux mots d'origine leur vraie puissance. Quand on découvre cette traduction, différente dans l'ordonnancement des versets, on est surpris par la nouveauté de ce texte, si souvent lu et entendu. Une nouvelle fraicheur nous envahit avec la curieuse impression d'entendre la Parole du Maitre, comme si nous étions parmi les disciples auxquels il s'adressait. On redécouvre un texte brut, sans fioriture, et pourtant très facile à lire. Les mots bouillonnent dans notre esprit comme une houle agitée tout en laissant une impression de paix. Nous sommes rassasiés et repus tout en étant affamés de nouveau pour cette Parole vivante. Alors, procurez-vous cette traduction sans attendre et faites-en vos délices estivales. Vous ne pourrez plus vous en passer et lire d'autres versions. Que notre Père céleste vous comble de ses grâces illimitées !

+ Père Stéphane

 

Posté par Pere Stephane à 21:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 avril 2018

Joyeuses Pâques 2018

 

poster-icone-paques-resurrection-du-christ-po13-0004

CHRIST EST RESSUSCITE ! ALLELUIA !

EN VERITE, IL EST RESSUSCITE !

Voilà la bonne nouvelle que les chrétiens doivent annoncer au monde ! Oui, et si cela n'est pas vrai, alors notre foi est vaine et rien ne vaut la peine d'être commémoré et perpétré à travers les siècles. Mais saint Jean atteste ce fait, lui qui fut un témoin visuel de la résurrection du Seigneur Jésus. Depuis, les apôtres et leurs successeurs ont annoncé cette merveilleuse réalité, même si cette compréhension de la vie éternelle passe nécessairement par la foi. En effet, qui peut démontrer de manière scientifique qu'un homme puisse revenir à la vie !

Au cours de l'office du Mercredi Saint, l'Eglise Orthodoxe des Gaules propose à ses fidèles de recevoir une onction d'huile consacrée, en mémoire de celle faite au Seigneur Jésus à Béthanie par la femme pécheresse. A la fin de cet office, le prêtre invoque l'Esprit Saint et ouvre l'Evangéliaire au dessus des fidèles rassemblés. Après une prière d'invocation, il lit le passage d'Evangile à la page ouverte et délivre ce message à la communauté qui le reçoit comme une parole personnelle du Seigneur à vivre pendant cette nouvelle année pascale.

Voici le message que nous avons reçu le Mercredi Saint 2018 (Marc 10, 23 à 27) : 

 

23 Jésus regarde à la ronde et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui ont de l'argent d'entrer dans le royaume de Dieu !

24 Les disciples sont effrayés de ses paroles. Jésus de nouveau répond et leur dit : « Enfants, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu !

25 Il est plus facile à un chameau d'entrer par un chas d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu ! »

26 Ils sont frappés outre mesure et se disent entre eux : « Et qui peut être sauvé ? »

27 Jésus les fixe et dit : « Pour des hommes, impossible, mais non pour Dieu. Car tout est possible pour Dieu. »

Voilà ce que le Seigneur nous adresse comme Parole de Vie. A première vue, cet enseignement peut paraitre simple à comprendre, mais quelques mots ou expressions sont plutôt surprenants et il est nécessaire de faire une petite exégèse pour bien entrer dans le texte. Alors, qu'est-ce que Jésus nous dit à travers ses paroles ? Notons d'emblée que les disciples ne comprennent pas vraiment ce qu'ils entendent et sont même apeurés, car le Salut leur semble inaccessible. De quoi est-il question dans ce texte ?

1) Jésus ne rejette pas les riches, car ils font aussi partie du plan du Salut offert par notre Père céleste. Il n'y a pas les riches d'un côté et les pauvres de l'autre. Cette dichotomie qu'on a voulu nous faire croire est une vision politique du Salut, mais non point spirituelle. Par contre, ceux qui ont tout sont souvent accaparés par leurs biens et n'ont plus de temps à consacrer aux autres et encore moins à l'Autre. Ils pensent qu'ils ont le pouvoir de gérer leur vie de manière autonome et que leur argent va les préserver et leur permettre d'acquérir même la vie éternelle. Mais Dieu reste sourd à leur vanité. La grâce divine ne s'achète pas. Elle est un don gratuit. Et comme la vie éternelle est donnée par grâce... les riches s'excluent eux-mêmes du chemin qui conduit au Royaume de Dieu. Leur coeur est trop plein des richesses du monde pour recevoir une goutte des richesses célestes. Pour autant, Dieu n'est pas contre les richesses terrestres, mais il ne faut pas en faire un absolu au point d'en devenir esclave. Dès lors, chargés de leurs biens terrestres comme des mules portant leur bât, le chemin qui conduit au Royaume de Dieu devient difficile, long et impraticable. Il faut voyager léger pour atteindre le sommet de la montagne. Les pauvres, eux, n'ont pas ce souci. Ils peuvent aller plus loin et plus haut car leur coeur est libre de tout poids terrestre. Mais, attention, la richesse n'est pas le seul poids qui empêche l'âme de s'envoler vers le Ciel. De nombreux fardeaux existent en ce monde...

2) Que vient faire le chameau dans cette histoire ? Difficile en effet d'imaginer un chameau entrant dans le chas d'une aiguille. Jésus utilise là une comparaison bizarre pour signifier son propos. Comment comprendre ceci ? Soit en le prenant tel quel et en s'effrayant devant une telle impossibilité. C'est ce que font les disciples en devenant très tristes à la pensée que pas un d'entre eux ne sera sauvé et ne pourra parvenir au Royaume de Dieu. Mais, quand on étudie le sens des mots sous un autre angle, en revenant au texte grec original, on s'aperçoit qu'il existe une quasi homonymie entre deux mots grecs qui sont très proches : Kamelos (chameau) et Kamilos (corde de marin). Dès lors on peut comprendre qu'en effet une corde de marin est bien trop grosse pour passer dans le chas d'une aiguille. Dèsormais, le sens de cette annonce de Jésus parait plus clair. Mais, quoi qu'il en soit, l'image laissée dans l'imaginaire est bien plus saisissante avec le chameau et c'est ce que Jésus a surement voulu nous faire saisir, tout comme les évangélistes en jouant sur le sens de ces deux mots. Il est à noter, enfin, que cette même expression est reprise dans le Coran (7, 40) : "Ceux qui ont traité nos enseignements de mensonges et qui les ont dédaignés, les portes du ciel ne s'ouvriront point pour eux. Ils n'entreront au paradis que quand un chameau passera par le trou d'une aiguille." Il faut croire que cette image forte a laissé de grandes traces dans la mémoire collective pour qu'elle soit reprise par Mahomet.

3) Frappés par cette image effrayante, les disciples sont désespérés. Mais, comme toujours, Jésus les rassure et leur donne une note d'espérance. Bien que l'homme soit incapable d'être sauvé par ses propres forces, tout est possible à Dieu. Cependant, laissons-Lui la liberté d'agir en nos vies et nous pourrons voir des merveilles s'accomplir. Ouvrons nos coeurs à sa grâce et laissons-nous guider par le Christ. Ne préférons pas les richesses du monde aux richesses célestes. Restons légers pour avancer sur le chemin qui conduit au Royaume de Dieu et ainsi gravir le sommet en toute liberté de mouvement. Enfin, ayons une foi vivante dans la parole du Seigneur Jésus qui nous dit encore aujourd'hui : tout est possible pour Dieu !

Gloire au Ressuscité ! Alléluia !

+ Père Stéphane

Posté par Pere Stephane à 20:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]