l'Annonciation : blog orthodoxe

01 novembre 2018

Des fleurs pour les défunts

 

Toussaint 2018. Il fait beau et doux. En me promenant pour humer l'air automnal, je passe devant le cimetière et je me souviens que c'est le jour des fleurs pour les défunts. Effectivement, les voitures forment un ballet incessant devant le cimetière qui, les portes grandes ouvertes sur une belle allée centrale ornée de chrysanthèmes de toutes les couleurs, invite à entrer pour admirer les couleurs vives sur le marbre gris des tombes. Et je ne résiste pas à cet appel, d'autant plus que je ne suis jamais entré en ce lieu paisible.

De tous côtés, des fleurs en gros bouquets empotés parsèment les allées et donnent à ce lieu une gaité peu commune. Mais j'aime bien ce contraste entre la tristesse des caveaux gris et ces gerbes colorées qui viennent rappeler aux vivants que les morts sont dans la lumière de l'au-delà. Mais combien de visiteurs ont conscience de ceci lorsqu'ils déposent leurs fleurs sur la tombe familiale ? Je crains, hélas, qu'ils ne soient fort peu. Et pourtant, comme il est doux de penser que les êtres disparus qui nous manquent tant ne sont pas dans un néant indéfini. Ils sont bien vivants et essaient souvent de nous le dire, mais nous sommes bien peu disposés à croire ce que nous ne voyons pas.

Et puis la mort, aujourd'hui, cela n'intéresse plus personne. Elle viendra bien assez vite et nous verrons alors ce que nous deviendrons. Seules les pompes funèbres en tirent un gain financier, jouant sur le malheur des survivants pour leur vendre un maximum de décorum inutile. La mort est devenue un commerce et même les communes essaient d'en tirer un vrai profit en supprimant les concessions perpétuelles. Les cimetières, comme les autres terrains communaux, doivent être rentabilisés pour que le maximum de quidams puissent y trouver un logement, mais seulement pour quelques années. Une sorte de transition, mais vers quoi au juste, puisque tout est néant ?

Et le chrétien, dans tout cela. A quoi croit-il encore ? Il garde la coutume, mais je ne suis pas certain que la Vie éternelle ait encore un sens profond dans le coeur des croyants. Jésus, le Vivant, nous a délivrés de la mort. En sommes-nous persuadés ? Mais, de quelle mort s'agit-il ? Point n'est question de la mort corporelle qui, elle, est bien définitive. Non, il s'agit là de la mort spirituelle, ce qui est bien plus grave. Le corps doit disparaitre, c'est son lot, comme toute créature formée de matière. Entrer dans le Royaume des Cieux, donc dans la Présence du Père céleste, c'est ce que Jésus promet à celui qui écoutera et méditera ses Paroles de vie, puis les mettra en pratique. Alors, si ce "nouveau-né" laisse entrer la lumière de la connaissance spirituelle dans son être profond et qu'il se laisse ensemencer par l'Esprit Saint, alors son corps peut bien périr. Il ne sera jamais mort ! Il est déjà entré dans la Vie éternelle et la mort n'est rien d'autre qu'un phénomène normal pour ce qui appartient à la matière.

La résurrection n'est pas liée aux corps, mais aux âmes. Elle n'est pas une promesse eschatologique, mais une réalité à saisir et à expérimenter dès cette vie terrestre. Jésus nous promet la résurrection ici et maintenant, pour une durée éternelle. Il ne faut pas comprendre de travers les paroles du Seigneur, ni se laisser enténèbrer l'esprit pas des conceptions qui ont été rajoutées au fil des siècles et ont dénaturé le message originel. Le Christ nous invite à naître de nouveau et à vivre cette expérience unique dans notre existence actuelle. Nicodème ne comprend pas cette parole et s'interroge sur cette nouvelle naissance. Il ramène tout au corps, alors que Jésus parle en Esprit. Je vous invite à lire l'Evangile avec des yeux nouveaux, en abandonnant vos vieilles certitudes, comme un nouveau-né qui n'a pas encore reçu l'héritage culturel de son milieu. Lisez également l'Evangile selon Thomas qui nous ramène à la source évangélique. Vous serez surpris pas ce que vos yeux liront et par ce que votre esprit percevra au fur et à mesure. Si vous faites cette démarche avec un coeur sincère et seulement guidés par l'Esprit Saint, alors vous entrerez dans la Connaissance ou Sagesse qui éclairera votre être et dissipera toute erreur. Parvenus au coeur de votre coeur, là où germe la vie éternelle, vous boirez à la source féconde et ne serez plus jamais soumis à la mort spirituelle. Vous serez déjà entré dans la résurrection promise par le Seigneur Jésus et vous deviendrez citoyen du Royaume des Cieux. A ce moment-là, la disparition de votre corps physique ne sera plus qu'une simple formalité selon la formule célèbre : rendez à César ce qui appartient à César, ou bien ici : rendez à la terre ce qui appartient à la terre.

Bon chemin de l'Avent, préparation à la Nativité du Seigneur. Que ce temps soit celui de votre nouvelle naissance en Esprit. Prenez le temps de suivre l'étoile lumineuse qui scintille en vous. Voilà la volonté du Christ Jésus !

+ Père Stéphane 

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01 octobre 2018

Le Royaume de Dieu est en nous

 

Les Pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le Royaume de Dieu. Il leur répondit : "Le Royaume de Dieu ne vient pas de façon spectaculaire. On ne dira pas : "Voyez, il est ici!" ou bien : "Il est là!" Car, sachez-le, le Royaume de Dieu est en vous !" (Luc 17, 20- 21).

Oui, voilà bien la misère de l'homme que de vouloir chercher à l'extérieur ce qui existe pleinement en lui, au coeur de son être. Jésus nous parle de Royaume intérieur et non pas d'un règne dans le siècle. Tout est déjà là, en chacun de nous, et Jésus en est le Chemin lumineux. Lui seul peut nous guider jusqu'à ce Royaume intérieur. L'Eglise a tronqué depuis son origine cette vérité pour prendre la place du Christ afin de règner sur l'existence des hommes et des femmes au cours des siècles. "Hors de l'Eglise point de salut" fut son slogan, faisant croire des inepties aux pauvres hères du passé. Et pour ne pas être confondue, elle a scellé la Parole de Jésus en interdisant sa lecture au peuple des croyants. Ce fut le génie de la Réforme de diffuser au monde cette Parole de Vie et de la délivrer du carcan des "savants". Chacun pouvait ainsi avoir accès à l'enseignement du Maître et se faire sa propre opinion. Mais hélas, l'ignorance humaine en a fait un dogme absolu, annihilant ainsi toute liberté aux adeptes des idées réformées. Voulant lutter contre la tyranie romaine, Calvin est devenu lui même un tyran. Il a trahi le Seigneur Jésus, son Maître, qui est venu parmi nous pour libérer les consciences et redonner à chacun son libre arbitre. Voilà bien le drame de l'humanité au fil des sicèles.

Je vous l'affirme, pour entrer dans le Royaume intérieur, le seul chemin à suivre est Jésus, Parole de Vie. L'Eglise n'est pas au-dessus de son Maître. Elle n'a aucun droit d'imposer son diktat et son joug à qui que ce soit. C'est en homme libre que nous devons suivre Jésus et goûter aux fruits de l'Esprit. Il faut lutter de toutes nos forces contre le dogmatisme et le despotisme. Notre conscience est inviolable !

Alors, que signifie la parole de Jésus citée dans l'Evangile selon saint Luc ? Le Royaume, le lieu de la vie, de la connaissance, du repos, n'est ni au-dessus, ni au-delà, ni en-dessous. Il est dedans. Il est exactement là où je suis en ce moment, plus proche de moi que moi-même et que toute autre chose. C'est la demeure que je n'ai jamais vraiment quittée, le centre de ce qui est à la fois mon monde et le monde, toujours ici et jamais là-bas. Jésus nous invite à faire pivoter notre attention de 180 degrés et de regarder simultanément ce à partir de quoi nous regardons et ce que nous regardons. C'est aussi simple que cela, pourvu que nous cessions de prétendre que c'est compliqué, difficile et réservé uniquement à des gens très spéciaux. Qui que nous soyons et tels que nous sommes, c'est ici,et seulement ici, que nous trouverons la perle, le trésor caché, l'immortalité, la dignité royale qui est la nôtre. Ici, au centre de notre être, nous sommes la clé, nous sommes le secret de ces paroles de Jésus.

Le Royaume de Dieu, c'est à dire la Présence divine est déjà en nous. Notre Père céleste nous attend pour un Face à face éternel. Bon voyage au centre de vous-même à la lumière du Christ ! 

+ Père Stéphane

 

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09 août 2018

Un été caché dans les arbres

 

0387101C'est la reprise du travail après la parenthèse des vacances qui a permis de recharger les batteries. Nous étions en Touraine dans le cadre verdoyant du Monastère de Bois Aubry. Repos dans la prairie, balades dans les champs de tournesols, rencontres avec les amis et découvertes de lieux historiques au charme certain.

Nous avons célébré la liturgie dominicale avec notre Evêque dans le beau décor de la chapelle du monastère, et avec quelques frères dont nous avons apprécié les retrouvailles et le partage. Belle rencontre aussi avec des jeunes randonneuses à cheval venues passer la nuit à l'abri en raison de la forte pluie d'un soir d'été. Ne pouvant pas planter la tente dans les champs alentours, les murs protecteurs des chambres d'hôtes ont été plus que salvateurs. Le quiétude du lieu fut quelque peu malmenée par ces jeunes filles qui ne connaissent pas les délices du silence et qui ont besoin de vivre dans le bruit pour se sentir exister. Mais cela fait aussi partie du charme des vacances où il faut savoir accepter l'inconnu.

Le temps fort des vacances fut la visite du Moulin de Claude François, à Dennemois, dans la campagne francilienne. Voyage un peu long, car ce lieu tant espéré est fort éloigné de notre camp de base, mais c'était l'occasion de découvrir cet havre de paix voulu par le chanteur qui lui a tant apporté de bonheur. Intense émotion en se recueillant sur sa tombe, toujours fleurie, dans ce petit cimetière qui a dû connaître bien du mouvement depuis 40 ans. Village aux grandes maisons, aux belles voitures, aux vastes terrains, où les parisiens fortunés peuvent trouver un endroit paisible pour décompresser de la grande ville. Enfin, découverte de cette maison sauvée de la ruine par un couple de fans motivés qui permet de retrouver les objets familiers, les lieux tant photographiés à l'époque et de se promener le long de la rivière l'Ecole qui serpente dans le parc. Enfin, la belle piscine aux eaux bleues donnait envie de faire un petit plongeon pour se rafraîchir. Hélas, ce n'est pas prévu dans la visite ! Grande émotion et beaux souvenirs pris en photos.

Côté lecture, deux livres chargés d'histoire : une vie de Agnès Sorel, favorite du roi Charles VII, qui vécut à Saumur (que nous avons visité); et une vie de Rabelais, personnage important de la littérature, dont nous avons visité la maison familiale à la Devinière, du côté de Chinon. Un lieu charmant et étrange avec toute une partie souterraine creusée dans le tuf sous la maison. Un retour au moyen-âge qui a permis de déconnecter complètement de la réalité. Et puis un autre livre au titre étrange : "des brebis dans les arbres", qui relate le témoignage d'une femme ayant entendu l'appel du Christ sur un chemin spirituel qui la conduisait à l'opposé de la foi chrétienne. Une belle découverte en cours de lecture. Je vous en reparlerai.

Voilà, pour terminer, je vous invite à consulter le nouveau calendrier des prochaines liturgies et à prendre note de la venue de notre Evêque, le dimanche 6 janvier 2019, qui viendra célébrer la liturgie dans notre paroisse.

Bel été à vous tous avec l'Ami fidèle, Jésus, qui recherche les brebis cachées dans les arbres...

+ Père Stéphane

 

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12 juin 2018

Redécouvrir le goût d'une Parole affadie

 

Les Quatre Evangiles

Nous voici maintenant dans le temps après Pentecôte, quon appelle aussi temps ordinaire, peut-être parce qu'il ne se passe rien d'extraordinaire. Les grandes fêtes du Seigneur sont passées et nous voici dans un temps suspendu entre la Résurrection et la Naissance du Christ. On pourrait se laisser aller au farniente estival et attendre que les heures passent, bien assoupis dans notre torpeur de chrétiens sans prétention. Mais ce n'est pas ce que le Seigneur nous demande, bien au contraire. Il nous incite plutôt à veiller et à rester vigilant. Il nous attend près du puits de Jacob pour nous offrir l'eau vive qui seule pourra étancher notre soif d'absolu. Oui, mais voilà, encore faut-il avoir soif pour répondre à l'appel du Christ !  Et aussi avoir faim pour désirer la nourriture céleste que le Fils de Dieu est venu nous offrir ! Mais notre civilisation dite chrétienne n'a plus vraiment soif et faim de ce Dieu qui s'est fait homme pour que nous devenions des dieux.

Et si cet été était une belle occasion de retrouver cette faim et cette soif d'absolu ? Nous sommes tellement gavés des nourritures terrestres de toutes sortes que nous en oublions l'essentiel. Jésus a rappelé cette sentence tirée de l'Ancienne Alliance : "ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de tout mot sortant de la bouche de Dieu" (Matt 4, 4). Voilà qui est intéressant. Maintenant il reste à trouver ces mots divins dont nous devons nous nourrir. Et le chrétien en quête d'absolu doit redécouvrir son patrimoine spirituel qui est l'Evangile ou plutôt qui sont les Quatre Evangiles laissés en legs aux générations futures par ces quatre collecteurs de mots que sont Matthieu, Marc, Luc et Jean. A nous de savoir puiser dans ce trésor la manne céleste dont nous avons besoin pour entrer dans l'intimité de ce Dieu fait homme. Toutefois, cela n'est pas si simple. Il y a tellement de traductions possibles qu'on peut s'y perdre et surtout on peut y perdre le goût de l'authentique saveur des paroles du Seigneur Jésus. L'idéal serait de connaître le grec ancien et de lire le texte original. Mais alors les choses deviendraient si compliquées que le chrétien assoupi n'aurait même plus la force d'essayer de retrouver cette source de Vie.

Fort heureusement, notre Père céleste n'est pas avare de ses grâces et il les distribue en abondance à quelques aventuriers de l'Esprit pour qu'ils ouvrent le chemin et nous permettent de prendre la route en suivant les petites traces lumineuses de leur passage. C'est ce qu'a fait Soeur Jeanne d'Arc, toute occupée pendant des années à sortir l'Evangile de sa fadeur pour lui redonner le goût de l'authentique Parole sortie de la bouche de Dieu. Malgré un handicap physique, cette chercheuse spirituelle a consacré sa vie entière à traduire les Quatre Evangiles en respectant le texte grec dans sa syntaxe et en redonnant aux mots d'origine leur vraie puissance. Quand on découvre cette traduction, différente dans l'ordonnancement des versets, on est surpris par la nouveauté de ce texte, si souvent lu et entendu. Une nouvelle fraicheur nous envahit avec la curieuse impression d'entendre la Parole du Maitre, comme si nous étions parmi les disciples auxquels il s'adressait. On redécouvre un texte brut, sans fioriture, et pourtant très facile à lire. Les mots bouillonnent dans notre esprit comme une houle agitée tout en laissant une impression de paix. Nous sommes rassasiés et repus tout en étant affamés de nouveau pour cette Parole vivante. Alors, procurez-vous cette traduction sans attendre et faites-en vos délices estivales. Vous ne pourrez plus vous en passer et lire d'autres versions. Que notre Père céleste vous comble de ses grâces illimitées !

+ Père Stéphane

 

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02 avril 2018

Joyeuses Pâques 2018

 

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CHRIST EST RESSUSCITE ! ALLELUIA !

EN VERITE, IL EST RESSUSCITE !

Voilà la bonne nouvelle que les chrétiens doivent annoncer au monde ! Oui, et si cela n'est pas vrai, alors notre foi est vaine et rien ne vaut la peine d'être commémoré et perpétré à travers les siècles. Mais saint Jean atteste ce fait, lui qui fut un témoin visuel de la résurrection du Seigneur Jésus. Depuis, les apôtres et leurs successeurs ont annoncé cette merveilleuse réalité, même si cette compréhension de la vie éternelle passe nécessairement par la foi. En effet, qui peut démontrer de manière scientifique qu'un homme puisse revenir à la vie !

Au cours de l'office du Mercredi Saint, l'Eglise Orthodoxe des Gaules propose à ses fidèles de recevoir une onction d'huile consacrée, en mémoire de celle faite au Seigneur Jésus à Béthanie par la femme pécheresse. A la fin de cet office, le prêtre invoque l'Esprit Saint et ouvre l'Evangéliaire au dessus des fidèles rassemblés. Après une prière d'invocation, il lit le passage d'Evangile à la page ouverte et délivre ce message à la communauté qui le reçoit comme une parole personnelle du Seigneur à vivre pendant cette nouvelle année pascale.

Voici le message que nous avons reçu le Mercredi Saint 2018 (Marc 10, 23 à 27) : 

 

23 Jésus regarde à la ronde et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui ont de l'argent d'entrer dans le royaume de Dieu !

24 Les disciples sont effrayés de ses paroles. Jésus de nouveau répond et leur dit : « Enfants, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu !

25 Il est plus facile à un chameau d'entrer par un chas d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu ! »

26 Ils sont frappés outre mesure et se disent entre eux : « Et qui peut être sauvé ? »

27 Jésus les fixe et dit : « Pour des hommes, impossible, mais non pour Dieu. Car tout est possible pour Dieu. »

Voilà ce que le Seigneur nous adresse comme Parole de Vie. A première vue, cet enseignement peut paraitre simple à comprendre, mais quelques mots ou expressions sont plutôt surprenants et il est nécessaire de faire une petite exégèse pour bien entrer dans le texte. Alors, qu'est-ce que Jésus nous dit à travers ses paroles ? Notons d'emblée que les disciples ne comprennent pas vraiment ce qu'ils entendent et sont même apeurés, car le Salut leur semble inaccessible. De quoi est-il question dans ce texte ?

1) Jésus ne rejette pas les riches, car ils font aussi partie du plan du Salut offert par notre Père céleste. Il n'y a pas les riches d'un côté et les pauvres de l'autre. Cette dichotomie qu'on a voulu nous faire croire est une vision politique du Salut, mais non point spirituelle. Par contre, ceux qui ont tout sont souvent accaparés par leurs biens et n'ont plus de temps à consacrer aux autres et encore moins à l'Autre. Ils pensent qu'ils ont le pouvoir de gérer leur vie de manière autonome et que leur argent va les préserver et leur permettre d'acquérir même la vie éternelle. Mais Dieu reste sourd à leur vanité. La grâce divine ne s'achète pas. Elle est un don gratuit. Et comme la vie éternelle est donnée par grâce... les riches s'excluent eux-mêmes du chemin qui conduit au Royaume de Dieu. Leur coeur est trop plein des richesses du monde pour recevoir une goutte des richesses célestes. Pour autant, Dieu n'est pas contre les richesses terrestres, mais il ne faut pas en faire un absolu au point d'en devenir esclave. Dès lors, chargés de leurs biens terrestres comme des mules portant leur bât, le chemin qui conduit au Royaume de Dieu devient difficile, long et impraticable. Il faut voyager léger pour atteindre le sommet de la montagne. Les pauvres, eux, n'ont pas ce souci. Ils peuvent aller plus loin et plus haut car leur coeur est libre de tout poids terrestre. Mais, attention, la richesse n'est pas le seul poids qui empêche l'âme de s'envoler vers le Ciel. De nombreux fardeaux existent en ce monde...

2) Que vient faire le chameau dans cette histoire ? Difficile en effet d'imaginer un chameau entrant dans le chas d'une aiguille. Jésus utilise là une comparaison bizarre pour signifier son propos. Comment comprendre ceci ? Soit en le prenant tel quel et en s'effrayant devant une telle impossibilité. C'est ce que font les disciples en devenant très tristes à la pensée que pas un d'entre eux ne sera sauvé et ne pourra parvenir au Royaume de Dieu. Mais, quand on étudie le sens des mots sous un autre angle, en revenant au texte grec original, on s'aperçoit qu'il existe une quasi homonymie entre deux mots grecs qui sont très proches : Kamelos (chameau) et Kamilos (corde de marin). Dès lors on peut comprendre qu'en effet une corde de marin est bien trop grosse pour passer dans le chas d'une aiguille. Dèsormais, le sens de cette annonce de Jésus parait plus clair. Mais, quoi qu'il en soit, l'image laissée dans l'imaginaire est bien plus saisissante avec le chameau et c'est ce que Jésus a surement voulu nous faire saisir, tout comme les évangélistes en jouant sur le sens de ces deux mots. Il est à noter, enfin, que cette même expression est reprise dans le Coran (7, 40) : "Ceux qui ont traité nos enseignements de mensonges et qui les ont dédaignés, les portes du ciel ne s'ouvriront point pour eux. Ils n'entreront au paradis que quand un chameau passera par le trou d'une aiguille." Il faut croire que cette image forte a laissé de grandes traces dans la mémoire collective pour qu'elle soit reprise par Mahomet.

3) Frappés par cette image effrayante, les disciples sont désespérés. Mais, comme toujours, Jésus les rassure et leur donne une note d'espérance. Bien que l'homme soit incapable d'être sauvé par ses propres forces, tout est possible à Dieu. Cependant, laissons-Lui la liberté d'agir en nos vies et nous pourrons voir des merveilles s'accomplir. Ouvrons nos coeurs à sa grâce et laissons-nous guider par le Christ. Ne préférons pas les richesses du monde aux richesses célestes. Restons légers pour avancer sur le chemin qui conduit au Royaume de Dieu et ainsi gravir le sommet en toute liberté de mouvement. Enfin, ayons une foi vivante dans la parole du Seigneur Jésus qui nous dit encore aujourd'hui : tout est possible pour Dieu !

Gloire au Ressuscité ! Alléluia !

+ Père Stéphane

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10 février 2018

Faire une belle oeuvre pour le Seigneur

 

Christ et femme pécheresse et nardEn lisant la parabole de la pécheresse versant un précieux nard sur les pieds de Jésus (Marc 14, 3 à 9), nos traductions utilisent fréquemment le terme de bonne oeuvre : "c'est une bonne oeuvre oeuvre qu'elle vient d'accomplir à mon égard" (verset 6). Toutefois, en se référant au texte grec original, il ne s'agit pas de bonne oeuvre mais de belle oeuvre. Il n'y a donc pas ici d'aspect moral entre ce qui est bon ou mauvais. Le Seigneur dit à la pécheresse qu'elle a fait une BELLE OEUVRE, qu'elle a bellement agit envers Lui. Ce n'est pas tout à fait la même chose ! De même, à la fin du texte, un autre écart de traduction apparait. Nous pouvons lire au verset 8 : "ce qu'elle pouvait faire, elle l'a fait". Alors que le texte grec nous donne un tournure verbale différente et quelque peu étrange : "ce qu'elle eut, elle fit". Ce n'est pas non plus la même chose. A ces lectures différentes on voit combien il est difficile de traduire un texte d'une langue à l'autre et combien le ressenti du traducteur peut laisser une empreinte plus ou moins conforme à celle du texte original. D'où l'importance également de ne pas prendre le texte au pied de la lettre, mais d'élargir notre champ de compréhension pour avoir une vision plus large de ce que Jésus a voulu dire. L'Evangile est un texte vivant qui doit toujours crépiter dans notre coeur et notre intelligence pour illuminer notre âme et guider notre vie terrestre.

Alors que signifient ces différences de traduction pour le lecteur attentif ?

1) Tout d'abord concernant la belle oeuvre. Jésus veut nous rendre libre et nous soustraire du poids de la Loi (mais aussi des dogmes et des diktats de la religion). Pour le chrétien, les oeuvres sont utiles et nécessaires à la mise en pratique des paroles du Maître, mais elles ne sont pas déterminantes pour recevoir les grâces de notre Père céleste. Certaines oeuvres que nous faisons sont belles pour le Seigneur, même si elles paraissent choquantes ou vaines pour nos semblables. Il s'agit ici de la gratuité des actes que nous accomplissons par amour et non pas des actes utiles que nous pouvons accomplir dans notre vie. Nous entrons dans la liberté d'agir et non pas dans l'obligation de faire. D'où la différence essentielle entre le bien et le beau. Cette femme n'avait aucune obligation de faire ce geste envers le Seigneur. Accomplie ou non, cette action ne lui rapporte rien ou ne lui enlève rien. C'est un acte gratuit fait par amour qui ne peut être compris que par les deux protagonistes concernés. Nous sommes dans la sphère privée qui ne doit pas relever d'un jugement quelconque à l'aune du bien et du mal. Jésus nous enseigne la liberté d'être et de faire.

2) Concernant la parole : "ce qu'elle eut, elle fit", Jésus semble énigmatique dans sa formulation. Mais en approfondissant, on peut y lire une reconnaissance de la liberté d'être. Cette femme avait un désir profond. Elle est allée jusqu'au bout de son désir pour accomplir un acte gratuit en renversant les codes et les principes en usage. La réaction violente des autres invités est une preuve de sa transgression. Mais en relisant les Evangiles sous l'éclairage de cette liberté d'être, n'est-il pas visible que Jésus lui-même a utilisé cette liberté d'action au risque de choquer l'ordre établi et de paraître un hors la Loi religieuse ?

Aussi, en relisant ce passage sous cet éclairage différent, nous voyons l'écart qui existe entre le texte imposé et le texte original. Même si Jésus donne une explication rationnelle au geste de cette femme, il souligne surtout la liberté d'être qui est offerte à chacun et qui doit éloigner totalement du jugement. Mais, hélas les convives ne saisissent pas le sens de ses paroles. Ils sont aveuglés par leurs coutumes et par le poids des traditions religieuses. A la suite du geste de cette femme, revoyons notre façon de concevoir la religion, notre fidèlité à la foi et aux dogmes pour accomplir de belles oeuvres aux yeux du Seigneur Jésus.

Chers amis, je vous propose de méditer ce texte durant le Carême qui va bientôt commencer pour en approfondir toute la richesse et en ressentir les bienfaits.

Enfin, je vous informe que vous pouvez accompagner votre démarche spirituelle grâce au Livret de Prière téléchargeable sur la page d'accueil du blog.

+ Père Stéphane

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27 décembre 2017

En 2018, prenons le temps.

 

Nous voici arrivés à la fin d'un millésime. Déjà douze longs mois qui ont filé sous les ponts du temps. Janvier pointe à l'horizon et Dieu seul sait ce que cette nouvelle année nous réservera de bonnes ou mauvaises surprises. Bientôt un an que nous préparions notre voyage à Béthanie pour fêter les 10 ans de sacre de notre Evêque. Il faudrait essayer de prendre le temps de regarder passer le temps et de se réserver de longues minutes dans notre agenda personnel.

En 2018, formons le voeu de prendre le temps de méditer, de se ressourcer, de retrouver nos racines spirituelles. Il suffit de quleques minutes chaque jour pour retrouver un équilibre de vie bien compromis. Prenons aussi du temps aussi pour écrire et se faire plaisir. Du temps pour se retrouver en couple et partager. Du temps pour se dire je t'aime et pour expérimenter cet amour. Du temps pour écouter l'autre. Du temps pour respirer, pour découvrir la nature, pour faire corps avec le monde qui nous entoure.

Dieu nous offre du temps, mais nous le perdons trop souvent en croyant bien faire. C'est un bien précieux qui passe trop vite et qui donne l'impression d'exister en quantité illimitée. Mais, plus on avance sur le chemin du temps, plus on s'aperçoit qu'il file très vite et plus on a l'impression d'en manquer. S'arrêter un instant et penser au temps, volià ce qui donne une certaine élasticité au temps. Le voir passer, quand on médite, et le trouver trop long, pas assez rapide. Voilà un paradoxe peu banal en ce siècle où il faut courrir après le temps.

Bonne année 2018 et bon temps de vie !

+ Père Stéphane

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29 octobre 2017

4 Baptêmes et 1 Mariage

 

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Quelle beauté et quelle joie de célébrer les sacrements de l'Eglise !

J'ai eu cette chance le samedi 21 octobre, grâce à l'invitation du Père Francis de Nancy. Nous nous sommes retrouvés à Fitou, petit village audois, dans une chapelle désaffectée, dédiée à saint Joseph. Un lieu de paix et d'élévation propice pour y célébrer les mystères divins. Une foule nombreuse de fidèles et d'amis était venue partager le bonheur des 4 catéchumènes et des mariés. Tout avait été préparé avec goût et solennité. Une cuve à vin fut reconvertie en baptistère et deux tonneaux en bois ont servis d'assise à l'autel installé dans le sanctuaire. Des icônes ornaient les murs et donnaient un air orthodoxe à cette chapelle. Une fois installé tout le matériel liturgique nécessaire, nous nous sommes préparés Père Francis et moi-même pour ce long marathon peu courant. Nos épouses, Madeleine et Liliana se sont installées devant les pupitres du choeur pour assurer le chant mélodieux des sacrements et de la liturgie. Puis, vers 16h30, les catéchumènes sont arrivés : Stéphane, Florian, Raphaël et Manon. C'était en fait toute une famille qui allait entrer dans l'Eglise du Christ. Le père, ses deux enfants et son neveu. La longue et belle cérémonie du baptême a commencé dans le brouhaha intrigué des enfants présents qui découvraient la dramaturgie orthodoxe et qui allaient bientôt en supporter la longueur. En effet, quatre baptêmes obligent à repéter quatre fois certaines prières qui ne peuvent être reçues qu'individuellement. Heureusement, nous avons pu regrouper certaines parties pour ne pas allonger encore la cérémonie. Les quatres catéchumènes ont pu plonger dans la baptistère et être totalement immergés au Nom de la Sainte Trinité. Nous avons commencé par Manon (5 ans), la plus petite, puis vient le tour de Raphaël (9 ans), de Florian (13 ans) et de Stéphane le papa. Après l'immersion, chacun est allé revêtir un costume blanc très chic pour la suite du rituel. Vinrent les chrismations, la remise du cierge allumé et de la croix et la triple rotation autour du baptistère au chant du "Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ". Puis nos nouveaux baptisés ont eu droit à une pause, le temps de souffler avant la cérémonie du mariage de Stéphane et d'Emilie. Il fallait aussi attendre l'arrivée de la mariée qui s'était éclipsée pour revêtir sa belle robe blanche.

Vers 18h nous avons découvert la belle tenue de la mariée qui attendait devant la chapelle. Père Francis est allé l'accueillir et nous avons pu commencer la cérémonie du mariage, dont le point d'orgue fut le couronnement des mariés. Belle liturgie concélébrée avec simplicité. Les mariés étaient beaux dans leurs habits blancs et très émus par le rituel orthodoxe qui donne une grande solennité à cette union d'un homme et d'une femme. Puis, au moment de la communion, les nouveaux baptisés ont goûté pour la première fois comme le Seigneur est doux, en recevant le Corps et le Sang du Christ. Enfin, Père Francis entraina les mariés autour du l'autel, par tois fois, pour les faire entrer dans le nouveau chemin de vie sacrée sous la conduite de l'Esprit Saint. La cérémonie s'est terminée au chant de l'Ad Multos Annos pour les baptisés et les mariés.

Père Francis et moi étions fatigués par ce marathon mais très heureux par ce temps liturgique merveilleux que nous venions de vivre. Après la signature du registre des actes paroissiaux, il fallait tout ranger et ne rien oublier. Il fallait aussi quitter cette belle chapelle qui retrouvait le silence au départ de la foule. D'autres plaisirs plus terrestres nous attendaient dans la salle des fêtes.

Pour nous éviter de devoir faire le trajet de retour le soir même, nos hôtes ont eu le sympathique geste de nous réserver un gite pour la nuit. Nous y sommes donc allés pour poser nos affaires et avons fait quelques pas pour nous rendre dans la salle des fêtes bien décorée. C'est en ce lieu que devait avoir lieu le repas de fête. Nous avons pu nous poser dans un coin et goûter les bons amuse-bouche qui circulaient de table en table. Une bonne bière fraiche fut la bienvenue tant nous avions soif. Père Francis pouvait enfin se relaxer dans les bras de son épouse. Le repas et la soirée furent très réussis. Des jeux ont assuré une bonne ambiance et la piste de danse a permis de rester dans le rythme. Quand furent présentés la pièce montée et les gâteaux variés, plusieurs gourmands sont allés à la pêche miraculeuse pour rapporter un peu de tout. Nous avons mangé et dansé jusqu'à 3 heures du matin. Puis, le corps a demandé du sommeil et du repos...

Encore merci aux Fitounais pour leur accueil et leur gentillesse. Vraiment nous garderons de beaux souvenirs de notre séjour audois. Un mini-album photos est consultable sur le blog.

Que le Seigneur Jésus bénisse les baptisés, les mariés et toute l'assemblée joyeuse qui les a accompagnés !

+ Père Stéphane

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09 octobre 2017

Ave Maria

Après un très beau séjour en Angleterre à Londres, dans un paysage urbain multistyle fort différent de ce que je connais, nous voici déjà en octobre où le programme est fort chargé. Samedi, lors d'une cérémonie de mémoire d'une amie défunte, je vais chanter l'Ave Maria de Gounod en son honneur. Ce sera la première fois et je dois répéter assiduement pour que le résultat soit beau et priant. Car il s'agit bien d'une prière qui sera partagée avec la quarantaine de personnes présentes. Puisse l'âme défunte de mon amie participer à cette cérémonie et se réjouir de ce don que je vais lui faire en souvenir de sa dernière volonté ! Que Marie, la Mère de Jésus, accompagne la nouvelle naissance au ciel de Marie-Christine et lui ouvre les portes du Royaume céleste!

Le samedi 21, destination l'Aude pour célébrer en compagnie du Père Francis, un mariage et 4 baptêmes. Ce sera une belle occasion de fête pour ceux qui vont entrer dans le sein de l'Eglise et pour tous ceux qui vont les accompagner. Ce sera pour moi une belle joie de concélèbrer avec un confrère que je ne vois pas souvent. Que la grâce du Saint Esprit soit avec nous et descende en abondance sur les heureux mariés et les futurs baptisés ! Que Marie, la Mère de Dieu nous assure sa protection lors de la célébration de ces sacrements !

Nous nous retrouverons le dimanche 15 octobre pour célébrer la liturgie. A l'issue, nous aurons l'assemblée générale de la paroisse.

Bonne semaine sous la protection de la Vierge Marie.

Ave Maria, Gratia plena, Dominus tecum...

+ Père Stéphane

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30 juillet 2017

Nouveau calendrier liturgique

 

transfiguration-icon

L'été continue dans la chaleur et la nonchalance, mais il faut s'occuper des préparatifs de la rentrée liturgique. Vous trouverez donc le nouveau calendrier des liturgies pour le second semestre 2017. Cette année, nous célébrerons la solennité de la Transfiguration du Seigneur Jésus qui tombe un dimanche. Une belle fête qui permettra de commémorer un grand moment de la vie de notre Sauveur.

Soyez bénis et recevez la grâce divine en abondance.

+ Père Stéphane

 

 

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