Les Quatre Evangiles

Nous voici maintenant dans le temps après Pentecôte, quon appelle aussi temps ordinaire, peut-être parce qu'il ne se passe rien d'extraordinaire. Les grandes fêtes du Seigneur sont passées et nous voici dans un temps suspendu entre la Résurrection et la Naissance du Christ. On pourrait se laisser aller au farniente estival et attendre que les heures passent, bien assoupis dans notre torpeur de chrétiens sans prétention. Mais ce n'est pas ce que le Seigneur nous demande, bien au contraire. Il nous incite plutôt à veiller et à rester vigilant. Il nous attend près du puits de Jacob pour nous offrir l'eau vive qui seule pourra étancher notre soif d'absolu. Oui, mais voilà, encore faut-il avoir soif pour répondre à l'appel du Christ !  Et aussi avoir faim pour désirer la nourriture céleste que le Fils de Dieu est venu nous offrir ! Mais notre civilisation dite chrétienne n'a plus vraiment soif et faim de ce Dieu qui s'est fait homme pour que nous devenions des dieux.

Et si cet été était une belle occasion de retrouver cette faim et cette soif d'absolu ? Nous sommes tellement gavés des nourritures terrestres de toutes sortes que nous en oublions l'essentiel. Jésus a rappelé cette sentence tirée de l'Ancienne Alliance : "ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de tout mot sortant de la bouche de Dieu" (Matt 4, 4). Voilà qui est intéressant. Maintenant il reste à trouver ces mots divins dont nous devons nous nourrir. Et le chrétien en quête d'absolu doit redécouvrir son patrimoine spirituel qui est l'Evangile ou plutôt qui sont les Quatre Evangiles laissés en legs aux générations futures par ces quatre collecteurs de mots que sont Matthieu, Marc, Luc et Jean. A nous de savoir puiser dans ce trésor la manne céleste dont nous avons besoin pour entrer dans l'intimité de ce Dieu fait homme. Toutefois, cela n'est pas si simple. Il y a tellement de traductions possibles qu'on peut s'y perdre et surtout on peut y perdre le goût de l'authentique saveur des paroles du Seigneur Jésus. L'idéal serait de connaître le grec ancien et de lire le texte original. Mais alors les choses deviendraient si compliquées que le chrétien assoupi n'aurait même plus la force d'essayer de retrouver cette source de Vie.

Fort heureusement, notre Père céleste n'est pas avare de ses grâces et il les distribue en abondance à quelques aventuriers de l'Esprit pour qu'ils ouvrent le chemin et nous permettent de prendre la route en suivant les petites traces lumineuses de leur passage. C'est ce qu'a fait Soeur Jeanne d'Arc, toute occupée pendant des années à sortir l'Evangile de sa fadeur pour lui redonner le goût de l'authentique Parole sortie de la bouche de Dieu. Malgré un handicap physique, cette chercheuse spirituelle a consacré sa vie entière à traduire les Quatre Evangiles en respectant le texte grec dans sa syntaxe et en redonnant aux mots d'origine leur vraie puissance. Quand on découvre cette traduction, différente dans l'ordonnancement des versets, on est surpris par la nouveauté de ce texte, si souvent lu et entendu. Une nouvelle fraicheur nous envahit avec la curieuse impression d'entendre la Parole du Maitre, comme si nous étions parmi les disciples auxquels il s'adressait. On redécouvre un texte brut, sans fioriture, et pourtant très facile à lire. Les mots bouillonnent dans notre esprit comme une houle agitée tout en laissant une impression de paix. Nous sommes rassasiés et repus tout en étant affamés de nouveau pour cette Parole vivante. Alors, procurez-vous cette traduction sans attendre et faites-en vos délices estivales. Vous ne pourrez plus vous en passer et lire d'autres versions. Que notre Père céleste vous comble de ses grâces illimitées !

+ Père Stéphane