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Mission Orthodoxe de l'Annonciation

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4 août 2026

Homélie du Lys des Champs (Mat 6, 25 à 34)

Frères et Sœurs en Christ,

En ce dixième dimanche après la Pentecôte, cette Parole de Jésus a du vous interpeller. En effet, au premier verset de son Évangile, il nous dit : « ne vous inquiétez pas pour votre vie ». On pourrait aussi traduire par « ne soyez pas anxieux ». Notre Seigneur nous invite au détachement et à la confiance, autrement dit à une foi véritable. Dans ce texte, Jésus développe sa pensée en indiquant que la vie et le corps sont plus précieux que tout. Mais il nous dit également que nous n’avons pas de pouvoir sur la vie qui nous est donnée ni sur le choix du corps qui nous est attribué. En effet, le chemin de notre existence terrestre est souvent semé d’embûches et rien ne peut certifier que demain nous serons encore dans ce monde. De même, nous ne pouvons pas changer de corps et nous devons vivre avec celui que nous avons. Puisque ces paramètres nous échappent, nous devons agir avec ce que nous sommes et ce que nous avons. Toutefois, Jésus explique que notre Père céleste nous aime tels que nous sommes et souhaite nous accorder sans cesse ce dont nous avons besoin pour vivre en ce monde. Bien sûr, cela ne signifie pas que tout est acquis sans rien faire. Il nous appartient de prendre en main notre vie et de tout mettre en œuvre pour qu’elle se déroule au mieux. Mais, bien que nous soyons les artisans de notre existence, nous ne sommes pas tout-puissants et une multitude de situations nous échappe en ce monde. C’est pourquoi, seule une foi active et une vraie confiance en Dieu peut nous aider à surmonter les aléas de notre vie. Il nous incombe d’être lucide, détaché, humble et de croire en vérité que, malgré les apparences, notre Seigneur nous guide et nous accorde son aide et ses grâces.

 

Si nous existons en ce monde, c’est pour acquérir une richesse spirituelle en approchant le plus possible de la ressemblance divine. Nous sommes des êtres spirituels revêtus de chair et nous devons garder à l’esprit, en toute conscience, que le but de notre vie terrestre est de chercher la voie étroite, guidés par la lumière céleste, pour découvrir en nous, au plus profond de notre être, notre trésor le plus cher : la Présence de Dieu. Jésus nous rappelle que cette démarche doit être notre préoccupation principale en ce monde : « cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice ». Et tout ce dont nous avons besoin pour atteindre ce but nous sera donné par notre Père céleste. Le chemin de vie chrétienne qui nous est proposé est donc une quête spirituelle. Sa finalité est de rechercher et découvrir en nous la Présence divine pour nous en nourrir, permettant ainsi à notre âme de grandir en ressemblance et de devenir une lumière en ce monde. Quant à la justice énoncée par Jésus, elle se rapporte à la justesse de nos actes pour accomplir cette quête. Le Royaume de Dieu est le lieu de sa Présence en chacun de nous, dans le temple intérieur de notre corps. Et pour acquérir la Ressemblance divine qui nous manque, la démarche consiste à s’extraire du monde chaque jour pour se recentrer et contempler la profondeur de notre être en favorisant le silence et la confiance. Car c’est dans nos ténèbres intérieures que nous pouvons trouver la lumière de Dieu. C’est ce que nous appelons la méditation ou l’oraison. C’est ce que faisait Jésus en s’isolant dans un endroit désert. Le silence est la clé du Royaume. Dieu ne se révèle que dans le silence de notre être. Sans une vie spirituelle véritable, nous passons à côté de notre existence et nous n’amassons aucun trésor. Rappellons-nous que lorsque nous quittons ce monde, nous laissons tous nos biens matériels. Les seuls trésors que nous pouvons emporter sont les biens spirituels que nous avons acquis dans notre âme.

 

Dans son Évangile, Jésus nous compare à des mini croyants, des disciples ayant une foi microscopique. Cela doit nous interroger sur notre démarche chrétienne, sur ce que nous croyons vraiment et sur ce que nous sommes capables d’accepter de ce Dieu inconnu que nous ne voyons pas. Il est parfois nécessaire de faire le bilan de notre foi chrétienne, de prendre la mesure de notre attachement à la personne de Jésus-Christ, à sa Parole et de reconnaître honnêtement la place qu’il occupe dans notre vie. Que croyons-nous vraiment ? Nous passons beaucoup de temps à préparer la nourriture de notre corps et nous faisons bien car notre corps est un véhicule précieux qu’il faut entretenir avec soin. Mais quel temps consacrons-nous à rechercher les nourritures spirituelles qui sont indispensables à notre âme ? Pour combler ce besoin et nous apporter une aide précieuse, Jésus nous a fait don d’une nourriture incomparable. Il s’agit de l’Eucharistie, offrande de son Corps et de son Sang. Bien sûr, dans cette Eucharistie, nous consommons aussi les espèces du pain et du vin qui vont nourrir notre corps de chair. Mais notre foi est-elle assez éveillée pour y discerner également la manne céleste qui va nourrir notre âme et la fortifier dans sa quête d’acquérir la ressemblance divine ? Avant de communier, il est bien de prendre un instant de réflexion pour discerner le don spirituel qui nous est accordé. L’important est de communier en conscience ; c’est à dire d’avoir pleinement compris que ce qui se trouve dans le calice aura une action jusque dans les profondeurs de mon être spirituel. Enfin, il est bon ensuite de prendre quelques instants pour rendre grâce à Notre Dieu qui nous a revêtu de splendeur et de beauté comme le lys des champs. Même si tout ceci nous échappe, puisque cela se passe à l’intérieur, cette communion au Corps et au Sang du Christ n’en demeure pas moins un acte fécond et réel. Et même si notre raison ne saisit pas le sens total de ce sacrement, Jésus nous enseigne à vivre cette expérience dans la foi et la confiance, comme le fait qu’il est bien présent parmi nous et en chacun de nous. D’ailleurs, les anges aussi nous assistent à chaque liturgie. Nous ne les voyons pas, mais notre âme peut les percevoir avec les yeux de la foi véritable.

 

Soyons vrai et sincère dans ce temps liturgique consacré à Dieu. Gardons notre esprit éveillé et ouvert à l’incroyable. Et, puisque Jésus est avec nous, il est inutile de nous inquiéter du temps présent ! A chaque jour suffit sa peine, nous dit l’Evangile. Alors, laissons demain s’inquiéter de lui-même. Soyons simplement des êtres de foi, conscients de ce que nous vivons maintenant, dans l’amour et la confiance. Amen !

 

+ Père Stéphane

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17 juillet 2026

Les 85 Règles Apostoliques

Qui connait les 85 règles apostoliques ? Il s'agit d'une œuvre attribuée aux apôtres mais qui date en fait dans sa forme connue du 6ème siècle. C'est une compilation de règles devant être appliquées à l'Eglise et aux clercs pour permettre une unité dans l'organisation et la pratique au sein des assemblées chrétiennes. Ces règles sont plus ou moins appliquées aujourd'hui mais elles constituent le socle commun d'une bonne pratique universelle. Certaines règles sont liées à leur temps et ne sont plus applicables de nos jours. Mais celles relatives aux clercs recèlent des indications intéressantes pour amorcer un judicieux retour aux pratiques apostoliques et retrouver une approche plus juste de l'esprit des premières communautés chrétiennes.

Voici un lien internet qui vous permettra de lire ces 85 règles :
https://www.orthodoxa.org/FR/orthodoxie/droit%20canon/canonsApotres.htm
 

En lisant attentivement ces règles, on constate rapidement que chaque Eglise Orthodoxe agit à sa guise et se permet des libertés bien surprenantes. Tout d'abord, plusieurs règles (n° 5 et 40) indiquent clairement que l'Evêque peut être marié et que ce lien matrimonial n'empêche pas son ordination. Or qu'en est-il aujourd'hui ? Les Evêques sont obligatoirement des moines ou des prêtres veufs et cette déviance contraire à la règle est devenue une norme incontournable, un dogme accepté par toute la sphère orthodoxe. Il en est de même concernant les réordinations qui ont couramment lieu au sein des Eglises (règle n° 68). Il faut prouver que la première ordination fut conférée par un évêque hérétique. Sinon, c'est une grave erreur et un déni de l'œuvre du Saint Esprit. Car l'ordination est unique comme le baptême.

Je m'interroge donc sur les pratiques déviantes des Eglises généralement pratiquées sous des couverts juridiques obscurs. Comment l'Orthodoxie peut prétendre être seule garante légitime de la foi et agir en totale contradiction avec ceux qui lui ont transmis cette foi et qui ont fondé cette Eglise chrétienne au passé hélas peu glorieux ? Ne pourrait-on pas revenir à la source et reconnaitre sincèrement que nos pratiques sont contraires à l'esprit des Apôtres ? Je laisse cette question ouverte pour tous ceux qui feront le même constat en lisant les 85 Règles.

Bonne méditation et riche découverte de ce texte. Que l'Esprit Saint guide vos réflexions et vous inspire la juste pratique au sein de l'Eglise !

+ Père Stéphane

13 avril 2026

Chemin de Vie post Résurrection

 

Christ est réssuscité des morts ! Alléluia !

Par la mort, Il a vaincu la mort !

A ceux qui sont dans les tombeaux,

Il a donné la vie !

Alléluia ! ​​​​​​​Alléluia ! ​​​​​​​Alléluia !

 

 

Encore une fois, nous avons chanté cette hymne joyeuse lors de la Nuit de la Résurrection quand la lumière de Pâques est venue illuminer nos ténèbres. Cri de joie de l'être touché par la grâce et qui, totalement tourné vers le Seigneur ressucité, ne contemple plus le tombeau vide de son être. Oui, le Seigneur Jésus est bien vivant et nous pouvons goûter cette vie véritable dès à présent si nous l'accueillons au plus profond de notre coeur. Le Tout Amour se communique à chacun pour l'entrainer à sa suite dans ce chemin de vie et de lumière tracé par la Foi. Béni soit-il Celui qui nous éclaire et nous arrache à la mort !

 

Quel bonheur de célébrer la Semaine Sainte et la Nuit de Pâques en un lieu riche de la Sainte Présence et des présences de tous ceux qui sont venus vivre ce temps liturgique très important pour l'Eglise ! Prier, être en silence, chanter, méditer, jeûner : des verbes d'action conjugués à plusieurs pour donner à cette Solennité une puissance collective qui réchauffe le coeur. Contempler ces visages, ces flambeaux élévés, ces mains ouvertes qui attendent la Manne céleste et donner et recevoir et partager cette joie pascale unique et pourtant multiple. Célébrer entre frères les Mystères divins et communier pour la Vie en accueillant totalement la plénitude de Dieu qui nous réchauffe, nous nourrit et nous fait nous sentir des frères en Christ. Tout ceci fut vécu pendant ces quelques jours passés dans une communauté religieuse vivante et accueillante. Et, si au bout du compte, les corps sont fourbus et moulus par la fatigue des longs offices, l'âme est régénérée et aussi libre qu'une colombe en plein vol. Alléluia pour toutes ces grâces reçues !

 

Encore une fois, la Nuit de Pâques a ouvert les Cieux et nous offre un nouveau chemin de Vie. A nous maintenant de poursuivre cet élan lumineux pour en retirer tous les bénéfices à la suite du Réssuscité !

 

Le Christ est ressuscité ! Alléluia !

6 novembre 2025

Oser, dans la confiance

Chers amis en Christ,

Je viens de vivre une expérience difficile sur un chemin d'intégration ecclésiale que je croyais à première vue facile à suivre jusqu'au but fixé. Hélas, il n'en fut rien, malgré de belles rencontres sur le trajet. Mais, là encore, force est de constater qu'il existe une grande différence entre ce que Dieu permet en confiance et ce que l'homme propose avec méfiance. Il n'est pas humainement possible d'accepter les nombreux obstacles placés sur le chemin alors que rien, dans la vision de Dieu, ne le justifie. Si ce n'est, parait-il, le pincipe de précaution que certains prélats invoquent pour justifier leurs actes.

Heureusement, guidé par le Seigneur Esprit Saint, j'ai été éclairé par quelques versets du livre de l'Ecclésiaste qui m'ont aussi permis de comprendre pourquoi j'ai dû subire une telle situation et qui vont me permettre maintenant d'illustrer mon propos.

Ces versets 3 à 6 du chapitre 11 de l'Ecclésiaste sont les suivants :

3 Quand les nuages sont gorgés d’eau, ils déversent leur pluie sur la terre. Qu’un arbre tombe au nord ou au sud, là où il est tombé, il restera.

4 Qui attend le bon vent, jamais ne sèmera ; qui scrute les nuages, jamais ne moissonnera.

5 De même que tu ignores les routes du vent et comment se forment les os de l’enfant dans le ventre de la mère, de même tu ne comprends pas l’œuvre de Dieu qui fait toute chose.

6 Dès le matin, sème tes semences, et jusqu’au soir n’arrête pas ton ouvrage, car tu ignores ce qui réussira, ceci ou cela, ou si les deux ensemble seront bons.

 

Comment donc interpréter ce que dit la Sagesse dans ces versets ? Premièrement, que quoi que l'on fasse en ce monde, on ne peut jamais prévoir quel sera le fruit de nos actes dans le futur. Il faut savoir discerner les circonstances tout en étant assez humble pour comprendre que l'on ne maîtrise pas tout. Aussi, sachant que tout vient de Dieu, nos actions doivent être faites avec Lui et dans la confiance qu'il agira selon sa pensée pour le bien de tous. Car, si l'on attend le juste moment ou une quelconque certitude que tout se passera bien, alors on passe à côté de la volonté de Dieu qui nous demande d'agir et de lui faire confiance. En effet, même si le risque est inévitable, il ne doit pas nous freiner.

 

Dieu nous demande d'accueillir ce que le vent de l'inconnu conduit vers nous, de Lui faire confiance et de semer dans l'espoir de moissonner. Le texte de l'Ecclésiaste indique clairement la marche à suivre sans faire ni calcul, ni spéculation. Et si nous agissons dans la foi et la confiance, Dieu bénit notre oeuvre et lui donnera le résultat juste que nous ignorons et qui ne nous appartient pas d'escompter. Voilà un texte riche d'enseignement pour les Eglises que devraient méditer les hiérarches qui en ont la charge. Dieu ne demande pas d'appliquer un principe de précaution, mais de semer dans la confiance et la gratuité. l'Evangile nous rappelle qu'il faut donner gratuitement ce que l'on a reçu gratuitement. Toute semence est dans le secret de Dieu et portera son fruit en temps venu, selon ce que l'Esprit lui permettra de fructifier. Et si la semence demeure stérile, cela ne sera pas forcément pas la faute du semeur, mais du contexte favorable ou non de sa féconde potentialité. En tant que créature, on ignore ce qui réussira ou ce qui ne réussira pas. Si le résultat espéré ne vient pas, on pourra dire sous le regard du Seigneur : j'ai semé dans la confiance et avec ta main. Le résultat t'appartient.

 

Grâce à ce texte, je comprends mieux pourquoi mon cheminement n'a pas pu aboutir. Il manquait la confiance et l'envie de semer avec la main de Dieu. A trop attendre le temps favorable, la terre se déssèche et ne peut plus recevoir la bonne semence ! Aussi, le souffle fécond de l'Esprit a passé et la main du semeur est restée fermée. C'est bien dommage. Dieu suscitera d'autres voies et je l'espère d'autres semeurs plus avisés. Quant à moi, je demeure dans la confiance et j'avance plus léger et plus libre pour mieux le servir. Ma mission ne s'arrête pas au bout de ce chemin manqué. Et la joie d'être le disciple de notre Seigneur Jésus ne me quitera jamais. Cette joie qui doit être le signe visible de tout chrétien inspiré.

 

+ Père Stéphane

 

 

21 octobre 2025

Choisir le bon chemin qui plait à Dieu

 

 

J'ai découvert dernièrement les écrits prodigieux d'un moine cistercien : Thomas MERTON (1915-1968) qui a vécu sa vie chrétienne dans la lignée des grands mystiques. En certaines périodes de la vie où il semble difficile de trouver sa voie et de discerner la pensée de Dieu à propos du bon chemin à suivre, voici une prière de ce moine que je vous invite à découvrir. 

 

Seigneur, mon Dieu,
je ne sais pas où je vais,
je ne vois pas la route devant moi,
je ne peux pas prévoir avec certitude où elle aboutira.
Je ne me connais pas vraiment moi-même
Et, si je crois sincèrement suivre ta volonté,
Cela ne veut pas dire que je m’y conforme.
Je crois cependant que mon désir de te plaire te plaît.
J’espère avoir ce désir au cœur en tout ce que je fais,
et ne jamais rien faire à l’avenir sans ce désir.
En agissant ainsi,
je sais que tu me conduiras sur la bonne route,
même si je ne la connais pas moi-même.
Je te ferai donc toujours confiance,
même quand j’aurai l’impression que je me suis perdu
et que je marche à l’ombre de la mort.
Je n’aurai nulle crainte, car tu es toujours avec moi,
et jamais tu ne me laisseras seul dans le péril.


 

 

Le bon chemin est parfois difficile à discerner et nous sommes parfois tentés de suivre une voie séduisante, mais qui ne correspond pas à celle que Dieu a prévu pour nous. Nous choisissons alors une direction en croyant bien faire et avec les meilleures intentions. Toutefois, en chemin, nous trouvons des obstacles que nous pensons pouvoir surmonter, car ils font surement partie du parcours, mais en fait ces épreuves ne sont pas voulues par Dieu. Elles sont imposées par des personnes qui veulent nous faire croire qu'elles sont nécessaires pour parvenir au but. Mais, si l'on prend le temps de faire une halte pour écouter dans son coeur le doux murmure du Saint Esprit de Dieu, nous pouvons alors discerner ce qui vient vraiment de Dieu et ce qui vient des hommes. C'est pourquoi, marcher humblement avec le Seigneur ne signifie pas accepter l'humiliation. Dieu n'est certainement pas un humiliateur ! Quand Sa clarté céleste transperce notre intelligence, nous comprenons alors que nous ne sommes pas sur le bon chemin, que nous nous sommes égarés et nous voilà perdus dans un univers qui n'est pas le nôtre et ne le sera sans doute jamais. Au final, notre seule boussole fiable étant le Seigneur Dieu, il faut avoir l'humilité de reconnaitre son erreur et de ne pas se décourager en gardant l'espérance que bientôt le Seigneur enverra un signe pour indiquer le bon chemin à prendre.

 

N'oublions pas que Jésus est le Chemin et tant que nous restons unis à Lui, nous ne serons jamais dans le péril. Et comme le dit si bien Thomas Merton : "je ne me connais pas vraiment moi-même et si je crois sincèrement suivre ta volonté, cela ne veut pas dire que je m'y conforme". En effet, l'erreur est humaine et je peux être persuadé de suivre la volonté de Dieu et de m'apercevoir après coup que ce n'est pas le cas. C'est alors qu'il faut savoir accepter son erreur et humblement rechercher quelle est la pensée de Dieu. Ne pas se sentir coupable d'avoir mal interpréter la pensée de Dieu, car il vaut mieux agir que de rester passif. L'important est de toujours se remettre en question et de prendre le temps d'écouter le murmure divin en soi. Cheminons toujours humblement tout en sachant que fatalement nous dévirons de la route droite, car nos pensées ne sont pas celles de Dieu et qu'il est souvent difficile de faire coïncider les deux.

 

La sincérité de nos actions doit toujours découler d'un désir de plaire à Dieu. Que nous soyons juste ou dans l'erreur, peu importe, si notre coeur est nourri du désir de plaire à Dieu. Lui seul sait ce qui est bon et utile pour nous. Dans notre zèle de bien faire, nous pouvons nous exalter pour une cause et sortir du bon chemin. Heureusement pour nous, Dieu veille et ne nous laisse jamais seul dans notre errance. Sa main guide nos pas et nous préserve des dangers, même si nous ne la voyons pas toujours à l'oeuvre. Chaque jour, remettons tout entre les mains de Notre Seigneur en lui demandant de bénir nos actions ou de nous remettre sur le bon chemin. En agissant ainsi, nous serons certains de toujours accomplir sa volonté et d'éviter tout aveuglement qui nous fait marcher à l'ombre de la mort.

 

Désirer se mettre au service de Dieu, c'est choisir la vie et la joie. C'est lui faire confiance et le laisser guider nos pas, car sa pensée est plus juste que la nôtre.  C'est aussi lui accorder notre confiance et savoir que quoi qu'il arrive sur le chemin, il est là pour nous protéger et nous indiquer la bonne direction à prendre. L'important est de marcher avec Lui, même quand nous ressentons son absence. Il reste là, à nos côtés et redresse nos faux pas. Que la Foi soit le carburant de notre avancée et l'Espérance notre GPS ! A nous de veiller que la Joie fasse bien partie du voyage, car elle sera la certitude que nous sommes dans la bonne direction. N'oublions pas que nous travaillons pour le Seigneur, dans sa vigne, et non pas à notre propre compte. Et quoi que nous fassions, en fonction de nos dons, nous recevrons toujours en abondance les grâces de Dieu et bénificierons de sa miséricorde. Béni soit-Il !

 

Alors oui, Seigneur, je ne sais pas où je vais, je ne vois pas quelle sera la route devant moi, mais je sais que tu me conduiras toujours sur le bon chemin. Loué sois-tu !

+ Père Stéphane

 


 

 


 

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8 août 2025

Revenir à la Source de notre Tradition

Cette année ne sera pas comme les autres pour notre communauté paroissiale. L'Esprit Saint souhaite me guider sur un chemin de renouveau et j'ai décidé d'écouter ce qu'Il me conseille. Cela va impliquer des changements et une adaptation de notre organisation. Mais il est souhaitable de revenir à la Source de notre Tradition et de vivre en communion pleine et réelle avec nos frères et soeurs dans la Foi orthodoxe. Ce chemin de pénitence nécessite quelques sacrifices, mais Notre Seigneur Jésus m'accompagne et me permet de vivre sereinement cette période transitoire. Je suis également bien accompagné par des confrères dans le sacerdoce et par des fidèles qui prient Notre Père pour que se réalise au mieux ce retour à la Source.

 

Dans la parabole du Fils prodigue, Notre Seigneur veut nous faire comprendre que le Père des Cieux est toujours prompt à accueillir ses enfants, malgré les chemins de vie parcourus et les blessures souvent bien involontaires ressenties entre frères. Cet élan d'amour et de pardon est un encouragement pour nous tous qui avons failli ou qui avons agi totalement en contradiction avec ce qui était attendu de nous. Hélas, la vie n'est pas toujours un long fleuve tranquille pour chacun d'entre nous et il est parfois nécessaire voire indispensable ou salutaire de faire quelques détours et de fermer des portes pour continuer à cheminer le plus sereinement possible. On est parfois déçu par les institutions ou par des frères, sans que cela ne vienne amoindrir notre foi orthodoxe ni notre attachement sincère à Notre Seigneur. Malgré l'éloignement ou l'exil, la fidèlité demeure intacte, même si elle ne donne pas l'impression d'être vécue de la bonne manière pas ceux qui nous regardent de loin. Mais l'enseignement du Seigneur Jésus doit être un gage de pardon et d'accueil pour ceux qui désirent ardemment revenir à la Maison et vivre en harmonie fraternelle avec les occupants de celle-ci. Le pardon et l'amour sont les signes visibles de notre foi chrétienne. Et ce sont les sentiments qui animent mon coeur. Il faut savoir oublier, pardonner, acueillir de nouveau et se réjouir comme le Père de la parabole. L'important est de ne pas juger, car la vie intime de chacun avec Notre Seigneur sera toujours un mystère. On peut bien sûr s'interroger, se questionner, mais sans jamais refuser d'ouvrir sa porte au frère qui revient avec le coeur sincère et l'esprit lumineux. Que l'espérance ne fasse jamais défaut dans l'Eglise !

 

Me voici donc dans ce temps de désert, bien entouré par les êtres visibles et les invisibles, sur le chemin du retour à la Maison mère. Que l'Esprit du Père me guide et m'assiste et surtout qu'il me comble de cette Espérance qui a toujours été le moteur de ma foi chrétienne. Confiance et patience dans la volonté de Dieu.

+ Père Stéphane

 

 

6 mars 2025

Nouveau Carême 2025

Hier, avec la célébration de l'office des Cendres, nous sommes entrés dans le Grand Carême qui va nous conduire jusqu'à Pâques et la Résurrection du Seigneur Jésus. Nous avons également "enterré" l'Alléluia qui ne sera plus chanté pendant ce long chemin carêmique. Nous l'avons "enterré" sous les cendres de notre espérance en attendant la joie de la Nuit pascale pour le chanter à nouveau avec exultation.

Que faire alors pendant ce Carême ? On peut bien sûr se conformer aux règles ecclésiales, notamment en matière de jeûne, et s'en tenir à ces prescriptions. Mais tout ceci n'est pas forcément ce qui sera bénéfique à l'âme. Le vrai jeûne qui plait à Dieu, c'est celui du cœur et des pensées. Jésus a bien précisé que ce qui souille l'être humain c'est ce qui sort de son cœur et non point ce qui entre dans son ventre. Durant ces 40 jours à venir, je vous propose de vivre un vraie transformation intérieure en relisant avec les yeux du cœur et en esprit les 4 Evangiles ; à vous laisser saisir par ces Paroles de Vie et à prendre le temps de les méditer pour en faire une vraie nourriture. C'est donc un chemin de renouveau dans nos pratiques, dans nos pensées, dans nos convictions, dans nos croyances que nous devrions suivre pour être en harmonie avec l'enseignement du Seigneur et avec ce qui est agréable à notre Père des Cieux. Les considérations alimentaires doivent rester secondaires et à l'appréciation de chacun, en fonction de ses besoins et de ses choix.

Le Carême devrait être vécu comme un long Shabbat pendant lequel toute notre attention doit être orientée vers la vie spirituelle et vers ce qui nous est profitable pour entrer en contact intérieur avec notre Père des Cieux. Le meilleur jeûne sera donc celui du temps dont nous priverons nos activités quotidiennes stériles pour l'offrir à Celui qui nous attend au centre de notre être. Du temps pour lire la Parole, du temps pour la méditer, du temps pour s'en nourrir profitablement, du temps pour faire de belles œuvres, du temps pour semer des paroles de paix et d'amour autour de nous, du temps pour être différent de ce que nous sommes le reste de l'année. Du temps consacré aux bénédictions et aux partages fraternels. Du temps pour nous extraire de ce qui nous enferme dans les ténèbres de l'ignorance. Du temps pour soi, pour être, que nous allons offrir au Tout Autre. Voilà un beau programme que je vous propose !

Bon chemin de Carême en liberté et en Esprit !

+ Père Stéphane 

18 février 2025

Jésus propose un chemin intérieur de transformation

Voici une suite logique de mon précédent message, liée à la démarche initiée pour redécouvrir en vérité l'enseignement de Jésus. Parallèlement à la lecture des Evangiles traduits de l'araméen, voici une réflexion sur notre manière de comprendre ou non le message de Jésus. En bref, l'auteur nous propose une autre approche de la foi chrétienne ayant pour but de réfléchir sur notre foi et le fait d'être chrétien aujourd'hui. La finalité de cette prise de hauteur est de retrouver la saveur des paroles du Rabbi Yeshoua, lui qui est venu nous proposer un chemin intérieur de transformation. Le but est de nous inviter à quitter la position confortable et passive du fidèle aux dogmes de l'Eglise pour endosser le rôle actif et déstabilisant de disciple de Jésus. Car le Royaume des Cieux est ici et maintenant. Il est accessible à tous durant la vie terrestre afin que nous puissions nous réjouir en plénitude de la présence du Père des Cieux et bénéficier de sa Lumière et de sa Grâce.

Je vous en dirai un peu plus au fur et à mesure de ma lecture.

+ Père Stéphane

8 janvier 2025

2025 : une année à la lumière des Evangiles

En ce début de nouvelle année, la coutume est de se souhaiter de bons vœux. Mais est-ce vraiment fait de manière sincère ? Souvent, ce ne sont que des mots creux. Pour ma part, je vous souhaite de vivre cette année 2025 à la Lumière incréée du Père céleste, qui du fond de votre ténèbre, illuminera votre âme par la lecture méditée des 4 Evangiles contenant le témoignage de la divine Parole incarnée. En ces temps d'affadissement de la foi, il est primordial de revenir à l'essentiel du message chrétien contenu dans ces 4 livres.

 

Pour vous aider dans cette démarche, je vous conseille un ouvrage édité en fin d'année 2024 et intitulé : "les quatre Evangiles - Traduction de la Vetus Syra". Œuvre magistrale du père Etienne METENIER, de la Communauté des Béatitudes. Bien plus qu’une « nouvelle » traduction des évangiles, cet ouvrage est la première traduction complète jamais réalisée de manuscrits contenant les quatre évangiles dans l’état de texte le plus proche de la langue orale qui avait cours à l’époque du Christ. Ce texte de la Vetus Syra date de 170 et apporte des précisions qui ouvrent des portes à la compréhension : Le Verbe s’est fait corps (vs « s’est fait chair ». Les abondantes notes et tableaux mettent le texte à la portée de chacun. Ils sont une véritable école de lecture de la Parole à la manière juive, en nous introduisant à la pensée sémite et en faisant constamment référence aux Écritures et à la tradition juive. Ce nouvel éclairage porté sur l’évangile nourrit notre vie de prière, notre vie chrétienne, et, tout simplement, notre vie humaine. Un bijou de précision et d’ouverture à la vie spirituelle que j'ai découvert lors d'une retraite chez les Moines de l'Abbaye d'En-Calcat, dans le Tarn.

 

Voilà donc mon nouveau livre de chevet et de support à ma prière. Je vous invite à l'acquérir également si vous avez soif de redécouvrir la Parole et de d'apporter de la fraicheur à votre foi en Jésus-Christ. Bonne lecture !

+ Père Stéphane

5 décembre 2024

En Avent pour vivre la Nativité

Nous voici arrivés au temps de l'Avent chrétien qui permet de faire le point sur notre rapport au Mystère de la Nativité de Dieu dans notre humanité. Noël est pour moi la plus grande fête chrétienne. Elle nous met au cœur du plan divin et nous oblige à prendre de la hauteur pour donner à notre foi en Jésus-Christ un sens profond et véritable.

 

Que représente pour nous la naissance de Jésus ? Qu'est-ce que cela change dans notre vie ? Comment acceptons-nous dans notre existence les paroles puissantes du Fils de Dieu ? La période de l'Avent nous offre l'opportunité de nous interroger en profondeur sur cet événement majeur survenu dans notre monde il y a plus de 2000 ans ! Marchons avec Marie, en Esprit et en vérité. Méditant à ses côtés, nous pouvons réussir à percevoir cette lumière divine qui a fécondé son être et a permis qu'elle devienne l'accomplissement des promesses de Dieu. Sans son OUI total et confiant, la Nativité de Jésus n'aurait pas eu lieu. De même, sans notre OUI total et confiant, Dieu ne peut pas accomplir en nous aujourd'hui son adoubement spirituel pour que nous devenions pleinement à son image et à sa ressemblance. Tout est lié. Ce qui fut accompli le sera de nouveau, en chacun de nous, dans la foi et l'espérance. 

 

Aussi, en décorant la sapin et nos maisons, en illuminant les sombres soirées de l'hiver, en préparant la crèche pour célébrer le mystère de la Nativité, nous accomplissons un rite de renouvellement salutaire pour notre foi. Il est important de redevenir comme des enfants et de vivre ce temps particulier avec un regard neuf et émerveillé. la foi véritable est une affaire de cœur et non point d'intellectualisme. Dans l'Evangile, Jésus enseigne qu'il faut être comme des enfants pour accéder à la juste compréhension des choses célestes. La raison est utile pour rassemble ce que l'on voit et en exprimer notre ressenti. Mais seul le cœur est un lien direct avec la divinité et est ainsi en capacité de saisir le message d'amour du Christ Jésus. Contempler le petit enfant dans la crèche, c'est nous replonger dans notre enfance et notre découverte de la foi chrétienne. C'est faire un retour sur ce qui nous émerveillait à cet âge et qui nous laisse froid aujourd'hui. C'est enfin pouvoir ressentir une émotion éteinte qui nous apportait de la joie et un bien-être total. Redevenons des petits enfants face à Dieu et au Mystère de son incarnation. N'ayons pas peur de lâcher prise et de briser les chaines de nos certitudes qui nous étouffent au fil du temps. Fixons l'étoile qui scintille dans le ciel de notre nuit et laissons-nous guider par sa lumière pour redécouvrir la beauté de la Nuit de Noël et la douceur de Marie tenant dans ses bras son enfant nouveau-né.

 

Je vous invite à entrer pleinement dans la joie de l'Avent et à vous laisser guider par l'Etoile de la connaissance vers Celui qui est l'Alpha et l'Oméga de notre vie. En Avent !!!

+ Père Stéphane

 

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